Les forces d’occupation israéliennes ont de nouveau violé l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Ghaza, en menant hier plusieurs opérations militaires dans différentes zones du territoire palestinien.
À l’aube, de vastes pâtés résidentiels ont été dynamités à l’est de Ghaza-ville, tandis que des tirs et des frappes ont été signalés dans plusieurs secteurs. Dans les camps de Bureij et de Nuseirat, au centre du territoire, des chars ont tiré en direction d’habitations, semant la peur parmi les habitants des zones proches des positions militaires. À Khan Younès, dans le sud, les zones orientales de la ville ont également été visées par des tirs aériens et de l’artillerie. Les environs de la ville de Hamad ont par ailleurs essuyé des tirs, alors que des vedettes militaires israéliennes ont ouvert le feu au large des côtes. Ces nouvelles attaques interviennent au lendemain de la mort de quatre Palestiniens dans différentes parties de la bande de Ghaza, selon les informations rapportées par les autorités locales. Un véhicule avait notamment été pris pour cible. Ces incidents illustrent la fragilité persistante du cessez-le-feu et l’exposition continue des civils aux violences.
Dans ce contexte, le ministère du Développement social à Ghaza a appelé à une intervention internationale urgente pour mettre fin au ciblage des femmes palestiniennes et engager des procédures de reddition de comptes contre les responsables des violations commises à leur encontre. Dans un communiqué publié hier, le département général de la Famille et de la Femme du ministère a indiqué, sur la base de données du ministère de la Santé, que 11 900 femmes avaient été martyrisées depuis le début de la guerre. Le ministère a notamment fait état de victimes parmi les femmes lors de l’attaque contre l’« immeuble Assala », présenté comme l’un des derniers épisodes illustrant l’ampleur de la tragédie humanitaire dans le territoire. Il a estimé que la privation du droit à la vie et à la sécurité constitue une atteinte à la dignité humaine et aux principes du droit international humanitaire relatifs à la protection des civils en temps de guerre. Les autorités de Ghaza ont appelé la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains, les institutions onusiennes et les organismes chargés de la protection des femmes et des enfants à agir pour mettre fin aux violences et faire en sorte que les responsables ne bénéficient pas de l’impunité.
Des survivantes faces à des défis multiformes
Au-delà des victimes directes, les conséquences de la guerre pèsent lourdement sur les femmes qui ont survécu. La perte d’un conjoint, d’un enfant ou d’un proche les contraint souvent à assumer seules la prise en charge de leur famille, dans un contexte marqué par la pénurie de nourriture, de médicaments et de ressources essentielles. Les femmes ayant perdu leur source de revenus rencontrent ainsi de grandes difficultés à assurer les besoins quotidiens de leurs foyers. La prise en charge des enfants, des malades et des blessés devient également plus difficile avec la dégradation des services et le manque de moyens. À ces difficultés matérielles s’ajoutent les conséquences psychologiques de la guerre : deuils successifs, peur constante pour les enfants, séparation des familles et déplacement. Le soutien psychologique et social apparaît dès lors comme un besoin essentiel. Les femmes enceintes et allaitantes sont particulièrement vulnérables. Les pénuries alimentaires et les difficultés d’accès aux structures de santé compliquent le suivi de la grossesse, l’accouchement et les soins postnataux. Le manque d’eau et de produits d’hygiène constitue également une menace supplémentaire pour leur santé et leur dignité. Face à cette situation, la protection des femmes palestiniennes passe par plusieurs mesures urgentes : la fin des violences visant les civils, l’accès aux soins et à l’alimentation, ainsi que la fourniture d’un soutien psychologique et d’une aide humanitaire adaptée. Si le nombre de femmes tuées mesure une partie du coût humain de la guerre, les survivantes continuent, elles aussi, d’en porter les conséquences au quotidien, dans leur santé, leur vie familiale et leurs conditions de survie.
M.S.











































