Le bilan de l’agression sioniste contre la bande de Ghaza s’est alourdi à 74 540 martyrs et 175 678 blessés, selon les derniers chiffres communiqués, samedi, par le ministère palestinien de la Santé. Malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre 2025, les attaques se poursuivent, tandis que la dégradation de la situation humanitaire fait aggraver le spectre de la famine, notamment en raison de la pénurie de farine, du manque de carburant et de la réduction des aides alimentaires.
Selon le ministère, dix martyrs et 62 blessés ont été admis dans les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 48 heures. Depuis le début du cessez-le-feu, 1 547 Palestiniens sont tombés en martyrs et 5 559 autres ont été blessés. Les équipes de secours ont également récupéré 842 corps durant cette même période. Le ministère a, par ailleurs, indiqué que 42 martyrs supplémentaires avaient été ajoutés au bilan cumulé, après vérification et validation de leurs données par la commission compétente. Cette actualisation intervient après la dernière mise à jour statistique effectuée le 17 octobre courant. Sur le terrain, un Palestinien est tombé en martyr et trois autres ont été blessés, dont un grièvement, samedi matin, à la suite d’une frappe menée par un drone de l’occupation sioniste contre un rassemblement de citoyens près du stade de Palestine, dans le quartier d’Er-Rimal, à l’ouest de la ville de Ghaza. Des bombardements d’artillerie ont également repris dans le sud de l’enclave, parallèlement à des tirs nourris de chars à l’est du quartier d’Et-Touffah.
La pénurie de farine paralyse les boulangeries
Sur le plan humanitaire, la crise alimentaire s’aggrave avec l’interruption des approvisionnements en farine, la rareté du carburant et la hausse des prix. Plusieurs boulangeries ont été contraintes de fermer leurs portes, tandis que les files d’attente devant les établissements encore en activité se reforment, témoignant des difficultés croissantes rencontrées par les familles palestiniennes pour se procurer du pain. Selon l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme, la reprise des files d’attente s’explique par la diminution des possibilités d’approvisionnement alimentaire, mais aussi par les difficultés rencontrées par les familles déplacées pour préparer leurs repas dans les tentes et les centres d’hébergement, en raison du manque de gaz de cuisson. Le président de l’Association des propriétaires de boulangeries de la bande de Ghaza, Abdel Nasser Al-Ajrmi, avait averti jeudi dernier que les stocks de farine dans les entrepôts étaient épuisés et que les faibles quantités encore disponibles dans les boulangeries ne suffisaient plus à assurer la poursuite de leur activité. Il avait notamment prévenu que les sept boulangeries encore en fonctionnement risquaient de fermer dans un délai de 48 heures en l’absence de nouveaux approvisionnements. Selon lui, la réouverture partielle des points de passage ne s’est pas accompagnée de l’autorisation nécessaire à l’entrée de farine commerciale en quantité suffisante. Al-Ajrmi a précisé que la farine commerciale n’était plus entrée dans l’enclave depuis plus de dix jours. Les livraisons disponibles avant cette interruption avaient été rapidement consommées, sans permettre la constitution de stocks de réserve. L’entrée d’autres marchandises, notamment des vêtements et des chaussures, ne permet pas de remédier au manque de matières premières indispensables à la fabrication du pain. Le responsable a annoncé vendredi qu’une autorisation avait été accordée pour l’entrée de 30 camions de farine commerciale par le point de passage de Karam Abou Salem, prévue dimanche 25 octobre. Il a exprimé l’espoir que ces livraisons permettraient de remettre en activité certaines boulangeries à l’arrêt et de réduire le déficit d’approvisionnement. Parallèlement, le comité égyptien dans la bande de Ghaza a annoncé le lancement de convois de farine destinés à soutenir les boulangeries. Des sources économiques ont également fait état d’accords visant à maintenir le soutien à 22 boulangeries dans le cadre du Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi qu’à fournir du carburant à d’autres établissements. Le prix annoncé de la botte de pain est de trois shekels. Toutefois, l’impact de ces mesures dépendra de l’arrivée effective des camions, de la régularité des livraisons et de la reprise de la production et de la distribution.
Des familles contraintes de réduire leurs repas
La crise ne se limite pas à la pénurie de pain. L’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme fait également état d’une raréfaction des fruits et légumes et d’une augmentation des prix des denrées alimentaires, poussant de nombreuses familles à réduire le nombre de leurs repas quotidiens. L’organisation a notamment rapporté le témoignage d’Abdel Aziz Saïd, âgé de 65 ans, qui dépend essentiellement du pain, du riz et des lentilles pour se nourrir. Il lui arrive de se contenter d’un seul repas par jour, malgré la nécessité, compte tenu de son état de santé, de bénéficier d’une alimentation régulière et diversifiée. Cette situation illustre les conséquences de l’arrêt des boulangeries sur des familles dont les possibilités alimentaires sont déjà fortement limitées. La disparition du pain, aliment de base pour une grande partie de la population, complique davantage l’accès à un repas quotidien. L’achat de produits de substitution reste, quant à lui, difficile en raison de la flambée des prix et de l’épuisement des ressources financières des ménages. À ces difficultés s’ajoute la réduction des aides alimentaires. Le Programme alimentaire mondial a annoncé, le 19 octobre courant, une baisse du nombre de bénéficiaires de ses aides, passé d’environ 1,6 million de personnes en septembre à 1,1 million en octobre, en raison du manque de financement. Les réductions concernent notamment les rations alimentaires et la farine. Le nombre de repas chauds distribués quotidiennement a également diminué, passant d’environ 250 000 à 150 000. Cette contraction de l’aide humanitaire réduit davantage les possibilités de compenser le manque de pain et l’insuffisance des denrées disponibles sur les marchés.
La famine s’aggrave malgré le cessez-le-feu
La famine qui sévit dans la bande de Ghaza est loin d’avoir disparu et continue de s’aggraver, sur fond de pénuries alimentaires persistantes et de difficultés croissantes d’accès aux produits de première nécessité. Face à cette détérioration, l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme alerte sur l’aggravation de la crise alimentaire dans l’enclave, où de nombreuses familles sont contraintes de réduire leurs repas et peinent de plus en plus à nourrir leurs enfants. L’interruption des approvisionnements en farine illustre la fragilité persistante du système alimentaire. Quelques jours de rupture suffisent à perturber le fonctionnement des boulangeries et à contraindre les habitants à faire de longues files d’attente pour obtenir du pain. Cette situation témoigne de la précarité des conditions de survie de la population, malgré le cessez-le-feu, alors que les approvisionnements demeurent insuffisants et irréguliers. L’absence de stocks de réserve, les restrictions imposées à l’entrée des marchandises, ainsi que la réduction des aides et les difficultés financières des ménages aggravent davantage cette situation. Au-delà des livraisons ponctuelles, la continuité de l’approvisionnement en farine et en carburant reste indispensable pour assurer le fonctionnement des boulangeries et garantir un accès régulier au pain. Dans une bande de Ghaza toujours ravagée par l’agression sioniste, la crise alimentaire demeure ainsi une urgence majeure. Les déplacements forcés, la perte des revenus et la pénurie persistante de produits essentiels plongent les familles dans une vulnérabilité accrue. Loin d’être résorbé, le risque de famine s’inscrit dans une réalité où la faim continue de s’étendre, soulignant la nécessité d’un acheminement régulier et suffisant de denrées alimentaires, ainsi que du maintien et du renforcement de l’aide humanitaire.
M. Seghilani







