GECF : C’est parti pour le sommet de Moscou

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Aujourd’hui, se tiendra, à Moscou, jusqu’au 27 octobre, le 8e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). Ce Sommet se tient après le 7ème tenu dans la capitale algérienne et sanctionné par la Déclaration d’Alger, document de référence du GECF. Les engagements contenus dans la Déclaration d’Alger restent d’actualité, notamment concernant les droits souverains des États membres sur leurs ressources gazières et l’importance du dialogue entre pays producteurs et consommateurs pour parvenir à la sécurité énergétique. Il en est de même pour la création de marchés du gaz naturel équilibrés et fiables. Le Sommet se tient dans un contexte marqué par le conflit au Moyen-Orient qui a entraîné une forte hausse des prix du gaz en Europe. En mars, les prix moyens ont augmenté d’environ 60 % par rapport à février 2026, dépassant les 600 dollars les mille mètres cubes. Selon les sites spécialisés, en septembre 2026, les prix du gaz en Europe ont franchi la barre des 1 000 dollars les mille mètres cubes pour la première fois depuis décembre 2022. Les contrats à terme sur le gaz à la Bourse européenne ont poursuivi leur ascension vendredi, dépassant les 1 070 dollars les mille mètres cubes et atteignant de nouveaux records. Les experts notent que l’Europe se prépare à l’hiver dans un contexte de difficultés croissantes d’approvisionnement énergétique, ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) étant en baisse par rapport à l’année dernière, et avec des stocks de gaz faibles, inférieurs à la normale, ce qui renforce les inquiétudes quant à sa capacité à satisfaire les besoins de consommation pendant la période de forte demande hivernale. Les experts font remarquer que bien que les importations d’octobre aient montré une amélioration par rapport à septembre, elles sont restées inférieures aux niveaux enregistrés au cours de la même période l’année dernière. Ils citent les données de suivi des navires compilées par Bloomberg, selon lesquelles la société d’analyse de données maritimes Kpler a estimé le déficit des importations européennes à environ 11 % en glissement annuel à la fin du mois d’octobre. Ils estiment que cette réalité ouvre la voie à une concurrence accrue avec les marchés asiatiques pour les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) disponibles, surtout si la baisse des températures entraîne une hausse de la demande dans les deux régions. Les mêmes sources indiquent que ces inquiétudes ne sont plus de simples hypothèses : Bloomberg a observé ces dernières semaines des modifications d’itinéraires pour plusieurs cargaisons de GNL transatlantiques, coïncidant avec des prix en Europe et en Asie atteignant leurs plus hauts niveaux depuis 2022. Les experts font observer qu’en termes de répartition géographique, les données révèlent une nette disparité entre les pays européens: les Pays-Bas, premier importateur de gaz naturel liquéfié (GNL) du continent, devraient enregistrer une hausse de leurs importations par rapport à l’année dernière. À l’inverse, la France et l’Espagne devraient connaître une légère baisse, tandis que l’Italie, la Belgique, le Royaume-Uni et l’Allemagne devraient subir un recul plus marqué. Dans le cadre de son rapport « Global Gas Outlook 2055 », le GECF avait prévu une hausse de la demande mondiale sur le gaz naturel de l’ordre de 30% pour atteindre 5417 milliards de mètres cubes (m3) d’ici 2055, et avait souligné que cette ressource va continuer de renforcer son rôle dans le système énergétique mondial au cours des 30 prochaines années. Dans ce même rapport, le GECF a précisé que la demande mondiale de gaz naturel connaîtra un taux de croissance annuelle moyen de 2,7%, expliquant cette hausse notamment par la croissance économique globale et la transition des systèmes énergétiques ainsi que les impératifs de décarbonation.
M. R.