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France : Les «gilets jaunes» maintiennent la pression

Les «gilets jaunes» ont maintenu samedi la pression sur le gouvernement à travers des manifestations dans plusieurs villes de France, malgré une nette baisse de la mobilisation due en partie à l’essoufflement du mouvement.

Il y a eu encore de la tension au cours des manifestations, même si elle moindre par rapport aux précédentes, suite aux mesures drastiques du gouvernement pour «faire respecter la loi». Plusieurs endroits, à Paris et dans certaines villes, ont été interdits aux manifestations, comme au niveau de l’avenue des Champs-Elysées qui a retrouvé une vie normale, a-t-on constaté. A Paris, le cortège des «gilets jaunes» a défilé dans le calme pour finir la manifestation à la place Trocadéro, selon une déclaration des organisateurs à la préfecture. Cependant, la manifestation, forte de plusieurs milliers de personnes, s’est terminée sus la tension où les forces de sécurité ont utilisé les gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. La préfecture de police de Paris a fait état à 17h00 de 32 interpellations, 21 verbalisations sur le périmètre interdit ainsi que 11945 contrôles préventifs de manifestants. Dans les autres villes, Bordeaux, Rennes, Saint-Etienne, Lille, Montpellier, des heurts ont éclaté entre les manifestants et la police. A Saint-Etienne, des médias locaux rapportent que la tension y était forte où les manifestants ont affronté les forces de l’ordre, alors qu’à Bordeaux, où le rassemblement était plus important que la semaine dernière, des incidents ont éclaté en fin de cortège où on a enregistré 4 blessés, malgré le dispositif sécuritaire et les appels du nouveau maire qui a remplacé Alain Juppé. A Montpellier, deux policiers ont été légèrement blessés par des jets de projectiles, lors de la manifestation qui a rassemblé environ 2000 personnes. A Rennes, on indique qu’une vitrine brisée et des poubelles brûlées, tandis que dans le Finistère, la gendarmerie a réussi à interrompre un barrage routier filtrant mis en place par les «gilets jaunes» ou à Avignon, des poubelles ont été brûlées et un abribus cassé par des manifestants. La colère des «gilets jaunes» ne semble guère s’apaiser après plus de quatre mois de mobilisation (la vingtième) et pose, selon des observateurs, la problématique de cette crise «profonde» que le gouvernement «n’arrive pas à la résoudre» à quelques semaines des élections européennes. Le gouvernement redoute, estime-t-on, un impact «négatif» de la colère d’une partie des Français sur les européennes, d’autant que le parti du président Emmanuel Macron, La République en marche (LREM), ambitionne de dominer les résultats. Parmi les slogans portés par les manifestants, il y avait : «République corrompue», «La France mérite mieux» ou «La rue est à qui ? Elle est à nous». Par ailleurs, une autre manifestation a été organisée en parallèle qui concerne la réforme de l’école où les manifestants ont exprimé leur refus à une «école low cost».