Fourm bon

ESTEBAN SILVA CUADRA ABORDE LE SOUTIEN INTERNATIONAL à LA CAUSE SAHRAOUIE ET ANALYSE LE REVIREMENT ESPAGNOL : « La diplomatie sahraouie a percé en Amérique latine »

Invité, hier, à animer le Forum du Courrier d’Algérie, l’ex- sénateur chilien, Esteban Silva Cuadra, a affirmé que le Maroc et ses alliés occidentaux dans leur soutien à son occupation du Sahara occidental, exerçaient une « pression constante » sur les Nations unies (Onu), pour l’empêcher d’assumer ses engagements et de remplir son rôle, relatifs à l’application de la Légalité internationale, au Sahara occidental, dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite sur l’agenda onusien.

Pour le sociologue de formation, l’analyste politique Esteban Silva Cuadra, le Maroc et ses soutiens occidentaux, citant principalement, la France continuent de manœuvrer et bloquer toute possibilité d’avancer vers une solution au conflit, opposant le Front Polisario et le royaume marocain sur le Sahara occidental, dernière question de décolonisation en Afrique inscrite sur l’agenda de l’institution onusienne. « Le Maroc, avec le soutien de la France, a réussi à continuer à bloquer toute possibilité visant à avancer dans la restauration de la légalité internationale » celle garantissant, poursuit-il « le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui », a relevé Esteban Silva Cuadra, directeur de l’Association d’amitié chilienne avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD), lors du Forum, auquel ont pris part, l’ambassadeur de la RASD à Alger, Abdelkader Taleb Omar et le président du Comité national algérien de soutien au peuple sahraoui (CNASPS), Said Ayachi. Rappelant que la création par le Conseil de sécurité, de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO), le règlement du conflit précité, devait se traduire par «  la tenue du référendum d’autodétermination sahraoui », le président de l’Association d’amitié chilienne avec la RASD, Esteban Silva Cuadra, dénonce « le blocage de l’organisation du référendum à ce jour par le Maroc », affirmant que « la France a fait usage, à plusieurs reprises, de son droit de veto au Conseil de sécurité contre les résolutions qui visent à traduire le mandat à la MINURSO et son élargissement à la surveillance du respect des droits de l’Homme des sahraouis par les autorités d’occupation marocaines dans les villes sahraouies occupées ». Poursuivant son intervention, l’analyste politique chilien affirme que la nature barbare de tout système colonial, « l’occupant marocain continue sans répit sa politique de répression contre les sahraouis  notamment, après la reprise de la guerre de libération sahraouie, en novembre 2020 », affirmant que «  le Maroc a intensifié les arrestations arbitraires contre les Sahraouis des territoires occupés et intensifier les procès des prisonniers politiques sahraouis devant les tribunaux militaires de l’occupant marocain » a noté l’analyste chilien. Puisant dans les leçons et les expériences des peuples en lutte pour leur libération, des systèmes coloniaux, en Amérique latine comme sur notre continant africain, l’ex-sénature du Chili en puisant aussi sur les souffrances que son peuple a vécu, durant les années de la dictature de Pinochet, arrivée au pouvoir, suite à un coup d’Etat, en 1973, avec le soutien des occidentaux, principalement les Etats-Unis et l’entité sioniste, contre le leader progressiste, le défunt, ex- président Salvador Allende, mort après avoir résister l’arme à la main, dans le palais présidentiel , la Moneda, à Santiego, contre, les soldats du dictateur Pinochet. Période qui pour, cet infatigable militant des causes justes, dans son soutien à la lutte de libération des peuples, palestinien et sahraoui, ne manque pas de rappeler « l’accueil de l’Algérie à des centaines de chiliens progressistes » visés et persécutés par la dictature de Pinochet, indiquant que « l’Algérie était et restera la grande maison des peuples en lutte pour la liberté ».

«Les représentations diplomatiques marocaines au Chili et en Amérique Latine usent dans leur lobbying pour se satisfaire de déclarations en faveur du Maroc, des sommes d’argent importantes et du soutien d’Israël bien avant la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste»
Dans ses réponses aux questions des journalistes, s’appuyant sur son expérience personnelle de militant progressiste porteur des valeurs et de l’idéal ‘’allendiste’’ et également de son profil de sociologue et analyste politique, Esteban Silva Cuadra a insisté, hier, sur l’impératif effort que les membres et les acteurs des réseaux de soutien à la cause sahraouie, en Amérique Latine et des Caraïbes et en Afrique sont appelés à consentir davantage « en cette conjoncture très particulière  pour le peuple sahraoui qui depuis novembre 2020 a repris sa lutte armée de libération ». Si pour notre invité, la Monarchie marocaine use de lobbying, pour violer et imposer un blocus médiatique sur la guerre de libération du peuple sahraoui, il affirme que Rabat « débourse des sommes d’argent pour se satisfaire de déclarations ici et là  en faveur de l’occupation marocaine du Sahara occidental et de sa propagande mensongère contre la lutte de libération du peuple sahraoui et ses soutiens », affirmant que ce sont là « des pratiques courantes » des représentations diplomatiques marocaines, au Chili, comme dans les autres pays d’Amérique Latine, il affirme à son propos que « le soutien de l’entité sioniste à Rabat a été toujours présent et actif, bien avant la normalisation entre le Maroc et l’entité sioniste ». Poursuivant en affirmant que « si, hier il était moins visible, aujourd’hui il l’est beaucoup, le Maroc et Israël l’affichent », un duo, qui par son lobbying et la convergence de points de vues de deux systèmes coloniaux, l’entité sioniste en Palestine et le royaume marocain, au Sahara occidental, visent en vain aussi à « freiner le soutien à la cause palestinienne » en Amérique Latine. Affirmant que les vents nouveaux qui soufflent en Amérique Latine et aux Caraïbes, en faveur des aspirations des peuples et du progrès, contribuent certes « à consolider les liens de solidarité et de fraternité avec le peuple sahraoui » mais il est important, a poursuivi notre invité , hier au Forum , « de renforcer le travail, la concertation , les échanges et de multiplier les actions  sud-sud , pour faire barrage au projet visant à faire perdurer l’ère colonial au Sahara occidental ». Nous sommes appelés, dira, le politologue Esteban Silva Cuadra à donner, par la mobilisation collective autour des causes justes et des questions déterminantes pour notre avenir commun,  impulsion au mouvement des pays non alignés » en cette période de profondes mutations dans les rapports sur la scène internationale, et aussi pour « peser sur le cours et la teneur des réformes à l’Onu ».

« La position de Pedro Sanchez reflète la persistance de la pensée coloniale espagnole depuis Felipe Gonzalez à ce jour »
« La trahison de l’Espagne à l’encontre du peuple sahraoui, via son premier ministre Pedro Sanchez reflète la persistance de la pensée coloniale (..), depuis Felipe Gonzalez, à Zapatero … le PSOE n’a rien d’un parti de gauche» .
C’est par cette déclaration que l’ex-séntaeur chilien a commenté, hier, le revirement de la position de Madrid sur la question du Sahara occidental, sans manquer de faire savoir que « cette nouvelle  posture du premier ministre espagnol, Pedro Sanchez n’est pas une surprise » au regard, du rôle joué par ses prédécesseurs du PSOE à la tête de l’exécutif espagnol, en Amérique Latine, leur rôle « négatif », a contribué non seulement à faire perdurer les souffrances du peuple sahraoui, en raison de l’occupation marocaine, mais aussi, Madrid « persiste à ne pas assumer ses responsabilités historiques, juridiques et politiques » . Pour l’analyste politique chilien, « Madrid a marchandé avec Rabat, comme l’a fait le Maroc,  pour annoncer la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste », le parti PSOE, de Pedro Sanchez « n’a rien d’un parti de gauche ami celui des intérêts néo-libérales », lesquels sont en opposition fondamentale des aspirations, des intérêts et des droits des peuples, dont ceux du peuple sahraoui , principalement «  son droit à l’autodétermination » que le gouvernement de Sanchez « vient de bafouer » , par son alignement sur la posture de l’occupant marocain, alors que « la majorité du peuple espagnol exige la fin du colonialisme marocain au Sahara occidental » a noté, notre invité, hier, au Forum, le président de l’Association d’amitié chilienne avec la RASD, Esteban Silva Cuadra.
Karima Bennour