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ENTRE L’ILLUSION DU CESSEZ-LE-FEU, UNE FAMINE ORGANISÉE ET UN BILAN HUMAIN TOUJOURS PLUS LOURD : Ghaza sous le feu sioniste

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La bande de Ghaza continue de suffoquer sous les décombres, la faim et la peur, malgré l’annonce d’un cessez-le-feu censé offrir un répit à une population brisée depuis plus de deux ans de guerre. Les dernières 24 heures ont été marquées par un nouveau déferlement de tragédies, confirmant que la violence contre les civils palestiniens n’a, en réalité, jamais cessé.
Le ministère de la Santé de Ghaza a annoncé que 33 nouveaux martyrs, dont 12 enfants et 8 femmes, ont été enregistrés. Au total, 88 blessés ont été admis dans les hôpitaux déjà exsangues, frappés de pénuries chroniques de médicaments, de matériel et d’électricité. Dans les rues comme sous les ruines, des victimes demeurent inaccessibles : les équipes de secours, à bout de forces, peinent à atteindre les zones ciblées, faute d’équipements lourds dont l’occupant sioniste interdit toujours l’entrée sous prétexte « d’usage à double finalité». Le cynisme bureaucratique se mêle ici à la violence militaire pour produire une impasse mortelle. Depuis le 11 octobre 2025, date de l’annonce du cessez-le-feu, 312 martyrs et 760 blessés ont été recensés, en plus de 572 corps extraits des ruines. Le cessez-le-feu n’a offert qu’un vernis diplomatique masquant une réalité brutale : Ghaza reste une zone assiégée, bombardée, affamée et isolée. Le bilan global depuis le 7 octobre 2023 est saisissant : 69 546 martyrs et 170 833 blessés. Ce sont des chiffres vertigineux, presque abstraits pour ceux qui n’ont jamais arpenté les ruelles brisées de Ghaza. Pourtant, chaque nombre représente un visage, une histoire, une famille amputée. Ce samedi, de nouvelles sources médicales ont encore mis à jour le bilan, portant le nombre total de martyrs à 69 733, majoritairement des femmes et des enfants, soit la plus haute proportion enregistrée dans un conflit de ce siècle. Le système de santé, dont la plupart des infrastructures ont été détruites ou rendues inopérantes, ne peut plus absorber les vagues successives de blessés.

Une famine organisée : quand le blocus devient une arme
À cette hécatombe s’ajoute un autre front, plus silencieux mais non moins meurtrier : la famine. Le Programme alimentaire mondial (PAM) dresse un tableau sans appel. Les familles de Ghaza n’ont plus les moyens d’acheter les produits de base, faute de revenus, de liquidités et d’accès aux marchés. Même lorsque certains fruits, légumes ou denrées pénètrent dans le territoire, leurs prix sont exorbitants. Les ONG décrivent des marchés « de la survie », où un kilo de tomates dépasse des sommes inimaginables il y a encore deux ans. Le PAM souligne aussi que, malgré le cessez-le-feu, les Palestiniens continuent d’être pris pour cibles, empêchant toute normalisation humanitaire. Les convois sont ralentis, filtrés, parfois refoulés. Les stocks ne suffisent pas. Les familles dépendent désormais de repas distribués par des cuisines populaires comme la Takiya Al-Saada à Al-Mawassi, où des dizaines de déplacés affluent chaque jour, un récipient vide à la main, espérant le remplir. Il ne s’agit plus d’une simple crise alimentaire. Il s’agit d’une famine organisée, alimentée par le blocus, les destructions agricoles, le contrôle des points d’entrée et la systématisation de la pauvreté.

Le cessez-le-feu : une fiction diplomatique
La contradiction devient flagrante : comment un cessez-le-feu peut-il coexister avec des bilans quotidiens de martyrs, de blessés et de destructions ? La réponse est simple : le cessez-le-feu imposé à Ghaza est partiel, violent, et violé en permanence par l’occupant sioniste. Les Palestiniens vivent un paradoxe tragique : officiellement, les combats doivent avoir cessé ; dans les faits, les drones, les tirs, les bombardements ponctuels et le sabotage humanitaire se poursuivent. Le ministère de la Santé l’a rappelé : depuis l’annonce du cessez-le-feu, au lieu d’une accalmie, Ghaza a enregistré des centaines de victimes supplémentaires. Les familles continuent de sortir leurs morts des décombres ; les secouristes continuent de risquer leur vie dans les rues éventrées. Dans le sud du territoire, des scènes bouleversantes se répètent chaque jour : des familles assiégées par la faim, des enfants attachés à la main d’un parent pour ne pas se perdre dans la foule, des files interminables devant les points de distribution alimentaire. La crise humanitaire s’est installée dans le quotidien, au point d’éclipser parfois la violence militaire, pourtant omniprésente. Et pourtant, quelque chose persiste à Ghaza. Une forme de résilience têtue. Les cuisines communautaires, les réseaux de solidarité, les écoles improvisées dans des tentes, les cliniques de fortune — tout témoigne d’un peuple qui refuse d’être réduit au silence ou à la disparition.

Silence international, impunité totale
Face à cette catastrophe humaine sans précédent, la réaction internationale demeure largement insuffisante. Les institutions multiplient les déclarations, les appels à la retenue ou à l’acheminement de l’aide. Mais aucune pression réelle n’est exercée pour mettre fin au blocus, protéger les civils ou garantir l’entrée du matériel indispensable aux secours. L’impunité de l’occupant sioniste apparaît totale. Le droit international est cité, mais rarement appliqué. Les victimes sont comptées, mais jamais protégées. Ce que révèlent ces chiffres glaçants, ces scènes de famine et ces cadavres extraits des ruines, c’est une tentative d’effacement. Effacement d’un territoire, effacement d’une population, effacement d’une mémoire collective. Ghaza lutte aujourd’hui non seulement pour survivre, mais pour ne pas disparaître. Dans les prochaines semaines, les organisations humanitaires redoutent une aggravation de la situation si les restrictions ne sont pas levées et si les attaques ponctuelles se poursuivent. Le territoire reste suspendu entre deux menaces : la faim et le feu. L’histoire retiendra peut-être les chiffres. Les Palestiniens de Ghaza, eux, retiennent surtout les visages aimés. Plus la crise s’étire, plus une vérité s’impose : ce qui se déroule dans ce minuscule territoire n’est pas une crise ponctuelle, mais un effondrement humanitaire, social et politique qui redéfinit à lui seul l’idée de catastrophe.
M. Seghilani 

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