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ÉDUCATION : Les écoles paralysées pendant trois jours dès d’aujourd’hui

Déterminés à aller jusqu’au bout de leur menace, 14 formations syndicales du secteur de l’Éducation entament aujourd’hui un débrayage de trois jours à l’échelle nationale pour réclamer la prise en charge de leurs revendications socioprofessionnelles.

Alors que la rencontre organisée mercredi dernier avec la tutelle n’avait pas abouti à des résultats tangibles, les contestataires demandent audience auprès du Premier ministre. C’est donc parti pour une nouvelle période de perturbations dans le secteur de l’Éducation devant toucher les trois paliers éducatifs à compter de la date d’aujourd’hui. Les travailleurs des différents corps ayant décidé de hausser le ton pour l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles, ne comptent pas, en effet, s’arrêter là et prévoient de poursuivre leur mouvement jusqu’à la prise en charge concrète de leur doléances. Un mouvement qui, faut-il le dire, intervient dans un contexte difficile marqué notamment par la pandémie du Covid-19 ayant totalement chamboulé le bon déroulement de l’année scolaire. Il intervient également à quelques semaines de la tenue des examens de fin de trimestre mais aussi des examens officiels. De quoi donc perturber davantage la scolarité des élèves. Pour les travailleurs, en tout cas, ce sont les responsables du MEN qui sont à l’origine de cette situation de blocage, car ces derniers n’ont affiché aucune volonté de prendre sérieusement en charge les préoccupations soulevées, depuis plus d’une année.
Une situation qui a poussé les syndicats à préférer rencontrer directement le Premier ministre pour une résolution rapide et concrète des différents problèmes. Le Coordinateur national du SNAPEST, Meziane Meriane, est du moins l’un des syndicalistes à formuler cette demande estimant que pour que le dialogue aboutisse celui-ci devrait être tenu avec ceux qui ont le pouvoir de décision. De son côté, le secrétaire général du SATEF, Boualem Amoura, a regretté que la protestation soit l’unique moyen de faire réagir les responsables. Selon lui, il n’y a jamais eu d’anticipation pour solutionner les différents problèmes auxquels font face les enseignants et les fonctionnaires du secteur qui datent depuis plusieurs années, d’où le recours à chaque fois aux mouvements de grèves et de rassemblements au niveau national. Il ajouté que jamais les préoccupations des travailleurs n’ont été pris au sérieux ni d’ailleurs les alertes quant à une explosion sociale suite à la dégradation des conditions socioprofessionnelles. «Nous avons été très patients mais aujourd’hui nous ne pouvons plus assurer nos missions dans de telles de conditions. Je parle essentiellement de l’érosion grave du pouvoir d’achat. On ne peut plus vivre comme ça », a-t-il confié. Il est important de noter enfin que les travailleurs de l’Éducation réclament essentiellement l’amélioration du pouvoir d’achat, la révision du système de primes, le rétablissement de la retraite anticipée et sans conditions d’âge, la révision du statut particulier, et l’annulation du système de contractualisation ainsi que l’intégration des travailleurs professionnels. Sur le plan pédagogique, ils demandent la révision des programmes et des manuels scolaires et l’amélioration du système éducatif.
Ania Nait Chalal