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DIALOGUE POLITIQUE INTER-LIBYEN : Un comité consultatif pour dépasser les divergences

Un comité consultatif issu du Forum du dialogue politique inter- libyen (LPDF) vient d’être formé, selon l’annonce de la représentante spéciale par intérim du secrétaire général des Nations unies (ONU), l’américaine Stephanie Williams. La mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) a indiqué, dans un communiqué, avoir reçu 28 candidatures pour la composition du comité consultatif libyen, à propos des quelles Stéphanie Williams a salué « l’enthousiasme manifesté par les membres du LPDF dans le processus de nomination » a-t-elle déclaré. Alors qu’à ce jour le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas été en mesure de désigner un envoyé spécial pour la Libye, sur fond de divergences entre ses membres et le rôle joué ou assigné aux acteurs étrangers sur la scène libyenne, selon leurs intérêts respectifs, le processus de dialogue politique enclenché depuis la conférence de Berlin, janvier 2020 et le cessez-le-feu signé entre les belligérants libyens demeure fragile. Pour dépasser les divergences entre les acteurs libyens participant au dialogue politique dans ce pays, lequel a retenu décembre prochain comme date de la tenue des élections dans ce pays, le comité consultatif a pour mission principale l’examen des questions en suspens, dont principalement la formation dudit organe, et pour y parvenir les membres dudit comité devront « présenter » des recommandations « concrètes et pratiques » aux membres du LPDF. La question n’ayant pas pu être tranchée lors des différentes étapes du dialogue politique libyen, en raison, selon des acteurs libyens et des observateurs avérés de la scène libyenne, des interférences d’acteurs étrangers influents dans la crise libyenne.
Ces derniers, dont la Turquie, les Émirats arabes unis et la France pour ne citer qu’eux, leurs calculs et intérêts respectifs et divergents, constituent, à travers leurs interférences respectifs sur la scène libyenne, les blocages majeurs, auxquels font face les efforts visant le retour de la stabilité et la vie politico-institutionnelle en Libye, auxquels aspire la majorité du peuple libyen plongé depuis dix ans dans le chaos et la violence , après l’intervention de l’Otan, en 2011, dans ce pays. Le mandat du comité en question devant être limité dans le temps, comme l’a précisé la responsable onusienne, Stéphanie Williams, celle-ci a tenu, par la même occasion, dans ses déclarations, de rappeler que la date des élections en Libye « est prévue pour le 24 décembre 2021», affirmant que le chemin vers cette échéance « est un objectif sur lequel nous ne reculerons pas ». Poursuivant, elle a indiqué que « nous ne pouvons pas continuer indéfiniment dans un processus ouvert » et de rappeler avec insistance que « nous avons un objectif clair, les élections », a-t-elle dit. Il est rappelé que le 18 décembre dernier, la Manul avait annoncé la formation d’un « comité juridique » composé de membres du Forum pour le dialogue politique, ayant comme mission principale, l’élaboration de la loi pour les élections en décembre 2021. Si durant les dernières semaines de l’année dernière, Stéphanie Williams a eu à mettre en garde les belligérants libyens, notamment les deux camps, le Gouvernement d’union nationale (GNA) et le maréchal Khalifa Haftar, en les exhortant à faire prévaloir l’intérêt de la Libye et son peuple, la responsable onusienne est appelée, principalement par les libyens à consentir davantage d’efforts, en vue de faire reculer l’intensité des interférences d’acteurs étrangers sur la scène libyenne, lesquelles risquent de faire effondrer le processus politique en cours dans ce pays. Autre facteur impactant négativement le rôle de l’ONU, sur la scène libyenne, l’absence, à ce jour, de la nomination par le Conseil de sécurité d’un envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour la Libye.
Poste vacant depuis la démission de Ghassan Salamé au début du mois de mars dernier, les efforts du SG de l’ONU Antonio Gutteres, pour nommer son successeur sont restés sans succès, et avec l’annonce, peu de temps avant la fin de l’année dernière, de l’éventuelle nomination de l’ex-coordonnateur spécial sortant de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, n’a pas tardé à être abandonée. Celui-ci a annoncé sa démission de l’Institution onusienne, avait fait savoir le porte-parole de l’ONU.
Karima Bennour