Depuis le début de l’agression de l’occupation israélienne sur le secteur de Ghaza, le 7 octobre 2023, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon des sources médicales locales, 71 409 Palestiniens ont été tués et 171 304 autres blessés.
Ces chiffres incluent 14 morts et 17 blessés recensés dans les hôpitaux au cours des dernières 24 heures, tandis que de nombreuses victimes restent encore sous les décombres ou dans les rues, inaccessibles aux équipes de secours et d’ambulance.
La situation reste critique malgré le cessez-le-feu du 11 octobre 2025. Depuis cette date, le ministère de la Santé de Ghaza a enregistré un total de 439 morts et 1 223 blessés, avec 688 corps extraits des ruines. Jeudi soir, les frappes israéliennes ont touché plusieurs zones densément peuplées : un domicile dans le camp d’al-Nussirat, un abri et une maison dans la ville de Ghaza, causant la mort de six civils et plusieurs blessés. Depuis l’aube de jeudi, 15 personnes ont été tuées, dont cinq enfants.
À al-Nussirat, un raid aérien a détruit la maison de la famille al-Majdalawi dans le secteur de Bloc C, tandis qu’un autre bombardement a touché un abri et une maison dans le quartier d’Asqoula, à l’est de la ville de Ghaza, tuant quatre civils. Des frappes ont également visé Deir al-Balah, le camp de al-Bureij et la rue Al-Sikka dans le quartier d’Al-Zaytoun. Par ailleurs, une bombe lancée depuis un drone israélien sur une tente de déplacés à Khan Younes a tué quatre personnes, dont trois enfants, parmi lesquelles les frères Abdullah et Omar Al-Abadla et la jeune Layan Omar Abu Shaqra. D’autres civils ont péri dans des frappes similaires à Sheïkh Nasser et à Al-Attar, tandis que des attaques sur des écoles hébergeant des déplacés à Jabaliya et Beït Lahia ont causé plusieurs morts et blessés. Au-delà des pertes humaines directes, la guerre continue de laisser des séquelles durables sur la population. Selon des rapports internationaux, près de 35 000 enfants et adultes palestiniens ont perdu partiellement ou totalement l’audition depuis le début de l’offensive israélienne. Une enquête locale a révélé le cas d’une fillette ayant perdu l’ouïe après l’explosion d’un missile proche de sa chambre, rendant la communication familiale quotidienne extrêmement difficile en l’absence de langage des signes et de moyens d’assistance. Les spécialistes précisent que la perte auditive n’est pas uniquement causée par les blessures directes mais aussi par les ondes sonores violentes, souvent irréversibles pour le nerf auditif. La situation est aggravée par les restrictions imposées par l’occupation sur l’importation de matériel médical, comme les appareils auditifs et leurs piles, ainsi que par la destruction des infrastructures médicales et le manque de personnel spécialisé. Les professionnels de santé mettent en garde contre le risque d’aggravation des handicaps auditifs à cause de la malnutrition, de la surpopulation et de l’absence de soins primaires dans les camps de déplacés, en particulier chez les enfants et les nouveau-nés. Ces conditions font peser une menace sur toute une génération, exposée à l’isolement scolaire et psychologique, faisant de la perte auditive l’une des conséquences silencieuses mais les plus cruelles de la guerre prolongée sur Ghaza.
La Palestine exige des actions urgentes contre les violations sionistes
Le représentant permanent de l’État de Palestine auprès des Nations unies, Riyad Mansour, a adressé trois messages identiques au Secrétaire général de l’ONU, au président du Conseil de sécurité pour ce mois, ainsi qu’au président de l’Assemblée générale de l’ONU, dénonçant la poursuite des politiques coloniales et racistes d’Israël et les crimes commis contre le peuple palestinien, sous le regard du monde entier.
Le représentant a souligné que la nouvelle année a débuté sur le même rythme que la précédente, avec la continuité des agressions israéliennes et des attaques de colons, ayant entraîné la mort et la blessure de civils palestiniens, la destruction de biens et le déplacement forcé de nombreuses familles. Il a également évoqué l’intensification des campagnes d’arrestations, y compris de mineurs, précisant que le nombre de détenus dans les prisons israéliennes dépasse désormais les 10 000. Le diplomate a alerté sur l’accélération de la colonisation dans toute la Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, la qualifiant de violation flagrante du droit international, des résolutions des Nations unies et des décisions de la Cour internationale de justice. Il a également signalé que cette escalade coïncide avec une offensive israélienne croissante contre l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) et les organisations non gouvernementales internationales opérant en Palestine occupée. Mansour a dénoncé les récentes législations et mesures israéliennes, telles que la coupure des services essentiels, la saisie de biens et l’annulation de l’enregistrement de dizaines d’ONG internationales actives dans divers secteurs.
Ces actions viseraient, selon lui, à priver le peuple palestinien de tout soutien, y compris des moyens de survie essentiels, dans un contexte humanitaire catastrophique, notamment dans la bande de Ghaza. Le diplomate a également abordé la situation critique à Ghaza, où la majorité de la population reste déplacée et souffre d’un manque sévère de nourriture, d’eau, de médicaments et d’abris, malgré la mise en œuvre d’un cessez-le-feu. Il a souligné la poursuite du blocus et la fermeture des points de passage, y compris le terminal de Rafah, tandis que l’occupation intensifie ses politiques illégales sur le reste du territoire palestinien, avec des raids militaires quotidiens, des enlèvements, de la propagande et des attaques de colons sur les civils. Riyad Mansour a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de condamner toutes ces actions illégales en Palestine occupée et de prendre des mesures concrètes pour mettre fin à ces crimes. Il a appelé à la mise en œuvre de mécanismes de reddition de comptes conformément au droit international et aux résolutions de l’ONU, afin de contraindre Israël à respecter le droit international, à garantir les droits inaliénables du peuple palestinien et à mettre fin à son occupation coloniale et raciste.
Le PAM distribue pour la première fois des rations complètes
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé jeudi avoir livré pour la première fois des rations alimentaires complètes aux familles de Ghaza depuis le début de l’agression israélienne le 7 octobre 2023. Dans un communiqué publié sur ses comptes officiels sur les réseaux sociaux, le PAM a précisé que la ration complète se compose de deux colis alimentaires contenant des produits de base tels que le riz, les lentilles et l’huile, ainsi que de deux sacs de farine de blé. Le Programme a souligné que, malgré le niveau extrêmement élevé de la faim, il n’avait pas été en mesure de fournir aux familles de Ghaza des rations complètes jusqu’à la semaine dernière.
Les restrictions d’accès imposées ont souvent maintenu les stocks à des niveaux critiques, empêchant une distribution adéquate. Dans le même temps, la résistance palestinienne avait annoncé en octobre dernier un accord visant à mettre fin à la guerre d’extermination à Ghaza, comprenant le retrait des forces israéliennes, l’entrée de l’aide humanitaire et l’échange de prisonniers. Cependant, les violations israéliennes se poursuivent, causant depuis l’entrée en vigueur de l’accord, le 10 octobre, 425 morts et 1 206 blessés.
Ce geste du PAM marque un tournant dans l’assistance humanitaire à Ghaza, mais il souligne également les défis persistants de l’accès humanitaire et la situation critique des habitants face à l’occupation et aux restrictions continues.
M. Seghilani














































