Deux arrêtés interministériels et une décision, publiés dans le Journal officiel n°60, viennent modifier l’organisation du contrôle aux frontières en Algérie. Les nouveaux textes renforcent notamment le dispositif de contrôle de la qualité et de lutte contre la fraude, tout en instituant de nouveaux postes douaniers dédiés à la surveillance des frontières terrestres.
Le premier dispositif concerne les inspections du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes. Un arrêté interministériel signé le 5 mai 2026 par la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, et le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, modifie les dispositions du texte du 13 novembre 2011. L’article 2 fixe désormais à 53 le nombre de ces inspections, implantées au niveau des frontières terrestres et maritimes, des infrastructures aéroportuaires ainsi que des zones et entrepôts placés sous douane. Un second arrêté, signé le même jour par Amel Abdellatif et le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, vient préciser leur répartition géographique. Il remplace la liste annexée à l’arrêté interministériel du 25 mars 2012. Les nouvelles structures sont réparties entre les ports, les aéroports, les postes frontaliers terrestres, mais aussi certaines zones industrielles et autres espaces sous douane.
Un maillage renforcé des ports, aéroports et zones
À Alger, huit inspections sont prévues au niveau du port d’Alger, de l’aéroport Houari Boumediene et des zones sous douane de Rouiba, Hamiz, Oued Smar, Gué de Constantine, Chéraga et Baba Ali. Tlemcen compte trois implantations, au port de Ghazaouet, au poste frontalier terrestre de Maghnia-Akid Lotfi et à l’aéroport Messali El-Hadj. Oran dispose également de trois sites, au niveau du port, de l’aéroport d’Es Senia et de la zone sous douane de la zone industrielle d’Es Senia. Deux inspections sont prévues à Chlef, au port de Ténès et à l’aéroport Aboubekr Belkaid. Béjaïa et Jijel disposent chacune de deux implantations, respectivement au port et à l’aéroport Soummam-Abane Ramdane pour la première, et au port de Djen Djen et à l’aéroport Ferhat Abbès pour la seconde. Le dispositif couvre également plusieurs aéroports de l’Est du pays, notamment ceux de Batna, Biskra, Sétif, Annaba et Constantine. À Tébessa, les inspections seront implantées au poste frontalier de Bouchebka et dans la zone sous douane d’El Meridj. Skikda et Annaba disposent chacune de deux sites, tandis que Mostaganem est concernée par deux implantations, au port et dans la zone sous douane de sa zone industrielle. À Ouargla, une inspection est prévue à l’aéroport Krim Belkacem de Hassi Messaoud.
Les postes frontaliers du Sud également concernés
Le nouveau dispositif accorde une place importante aux régions du Sud et aux zones frontalières. Dans la wilaya d’Illizi, trois inspections sont prévues au poste de Debdeb, à l’aéroport de Zarzaïtine-In Aménas et dans la zone sous douane d’Aïn Eflehleh. El Tarf compte deux implantations aux postes frontaliers d’Oum Tboul et d’El Ayoun, tandis que Tindouf et El Oued disposent chacune d’une inspection, respectivement au poste de Mostafa Ben Boulaïd et à celui de Taleb El-Arbi. Une autre est prévue au poste de Heddada, dans la wilaya de Souk Ahras. Dans le Sud, une inspection sera installée à l’aéroport Moufdi Zakaria de Ghardaïa. La wilaya d’In Guezzam en compte deux, aux postes frontaliers d’In Guezzam et de Tin Zaouatine. Bordj Badji Mokhtar dispose également de deux implantations, aux postes de Bordj Badji Mokhtar et de Timiaouine.
De nouveaux postes pour renforcer la surveillance
Le troisième texte publié dans le Journal officiel n°60 est une décision du 1er juin 2026 du ministère des Finances portant création de postes de douane de surveillance au niveau des frontières terrestres. Signée par le directeur général des Douanes, Abdelhafid Bakhouche, la décision définit l’organisation, le fonctionnement et les missions de ces nouvelles unités. Elle précise que le poste de douane de surveillance constitue une unité structurelle implantée au niveau des frontières terrestres. Ces postes auront notamment pour mission d’assurer une surveillance continue de la bande frontalière adjacente, d’apporter un soutien opérationnel aux brigades des Douanes et de coordonner leurs interventions avec les unités compétentes de la Gendarmerie nationale. Ils seront également chargés de contribuer à la lutte contre les différentes formes de criminalité transfrontalière, d’assurer la sécurité des personnels et des biens au niveau des postes concernés et de veiller à la sécurisation des marchandises saisies jusqu’à leur remise au receveur des douanes compétent.
Un dispositif opérationnel jour et nuit
La décision prévoit un fonctionnement permanent et continu des postes de douane de surveillance. Les agents exerceront ainsi leurs missions de jour comme de nuit, selon un système de rotation. Chaque poste sera placé sous la responsabilité d’un chef de poste ayant au moins le grade d’officier de brigade. Celui-ci exercera sous l’autorité directe du chef de l’inspection principale chargée de la surveillance douanière. À travers ces nouvelles dispositions, les autorités renforcent ainsi le maillage du contrôle aux frontières, en combinant le contrôle de la qualité et la répression des fraudes avec une surveillance douanière accrue des frontières terrestres.
Sarah O.

