Accueil SPORTS Crise à la direction de l’USMA : Allik tranche, Nouioua bloque

Crise à la direction de l’USMA : Allik tranche, Nouioua bloque

0

À l’USM Alger, l’attente d’un nouvel entraîneur s’est transformée en épisode révélateur des tensions internes. Trois semaines après le départ d’Abdelhak Benchikha, le club de Soustara s’apprête à annoncer l’arrivée de Lamine N’Diaye. Mais au moment où les supporters guettent l’officialisation, une divergence majeure au sommet de la direction est venue brouiller le scénario.

Sur le plan sportif, tout semblait pourtant réglé. Saïd Allik, en charge du projet technique, a trouvé un accord avec le technicien sénégalais. Les discussions ont abouti et le coach de 69 ans a même obtenu son visa. Sauf surprise, il est attendu à Alger pour finaliser son contrat et entamer sa mission. L’idée est claire : confier l’équipe à un homme d’expérience capable de stabiliser le vestiaire et de relancer une dynamique compétitive. Mais cette décision n’a pas fait l’unanimité. Le président du conseil d’administration, Bilel Nouioua, s’est opposé à cette nomination. Selon des sources internes, ses réserves ne portent pas sur les compétences de N’Diaye, mais sur des considérations stratégiques. L’âge du technicien, le salaire jugé conséquent et son manque de connaissance du championnat algérien constituent, à ses yeux, des freins. Pour le PCA, l’USMA aurait besoin d’un profil plus ancré dans la réalité locale et inscrit dans un projet à moyen terme. Cette opposition a ouvert la voie à une alternative. Nouioua a contacté Bilel Dziri, figure bien connue des supporters et récemment engagé dans l’obtention du diplôme CAF A Pro. L’ancien international algérien, séduit par l’idée d’un retour au club, s’est montré disposé à discuter. Malgré des approches venues d’autres formations de Ligue 1 Mobilis, dont le MC Oran, Dziri voyait dans l’USMA un défi affectif et sportif.

Un précédent révélateur

Cependant, informé des désaccords profonds entre le PCA et le directeur sportif, Dziri a rapidement pris du recul. Il a décliné l’offre, refusant de s’inscrire dans un contexte marqué par une lutte d’influence. Ce retrait illustre le malaise qui entoure la gouvernance du club. Pour un technicien, s’engager sans unité décisionnelle constitue un risque majeur. Ce n’est pas la première fois que les deux hommes forts du club affichent leurs divergences. Avant un récent déplacement continental, Allik avait bouclé l’arrivée de Miloud Hamdi. Là encore, le PCA avait opposé son veto, avant d’explorer d’autres pistes comme Hamadi Daou ou Maher Kenzari. À chaque épisode, le même constat : une dualité dans la prise de décision qui fragilise la lisibilité du projet sportif. Au-delà du choix de l’entraîneur, c’est la méthode qui interroge. Un club de l’envergure de l’USM Alger ne peut se permettre des flottements répétés. Les supporters attendent une vision claire et une stabilité institutionnelle. Les joueurs, eux, ont besoin de repères pour performer.

Sauf retournement de situation, Lamine N’Diaye devrait bien poser ses valises à Alger. Son staff comprendrait notamment Hadj Adlane, le préparateur physique Modjahed Belaid et l’entraîneur des gardiens Lyès Benhaha. Reste à savoir si cette nomination suffira à refermer la parenthèse des tensions internes.

Car au fond, la question dépasse le nom du futur entraîneur. Elle concerne la capacité des dirigeants à parler d’une seule voix. À Soustara, le véritable chantier est peut-être là : restaurer l’unité pour redonner au club la sérénité indispensable à toute ambition.

Mohamed Amine Toumiat

Article précédentELLE CIBLE UNE EXPERTE DE L’ONU ET MÉNAGE LES RESPONSABLES SIONISTES : Le double standard de Paris
Article suivantAIR ALGÉRIE DÉVOILE SON PLAN STRATÉGIQUE 2026 : Performance et satisfaction client