Benzema

Coup d’envoi de l’EURO ce vendredi : Benzema, Chiellini, Neuer, Pepe, Yilmaz, cinq vétérans à suivre

Même s’ils ont tout vu, tout connu, ils ont toujours faim: Karim Benzema, Giorgio Chiellini, Manuel Neuer, Pepe et Burak Yilmaz ont certes dépassé la trentaine, mais ils abordent l’Euro cet été (11 juin-11 juillet) avec un appétit de jeunes loups.

Karim Benzema, l’ex-banni
Son retour a surpris et alléché la planète football: longtemps écarté en raison de ses démêlés judiciaires, Karim Benzema (82 sélections, 27 buts) a été rappelé en équipe de France pour la première fois depuis 2015. A 33 ans, Benzema a gagné en maturité et en responsabilités au Real Madrid, où il est le leader offensif incontesté depuis le départ de Cristiano Ronaldo en 2018. Son excellente saison (30 buts toutes compétitions confondues) le classe parmi l’élite des buteurs européens, et sa capacité à faire jouer les autres promet une association redoutable avec Kylian Mbappé et Antoine Griezmann. Reste à savoir si ce rappel ne brisera pas la dynamique des champions du monde, dont certains, comme Olivier Giroud, pourraient prendre ombrage du retour de l’avant-centre madrilène.

Giorgio Chiellini, le cerbère
Sa gueule cassée et sa fermeté dans les duels ont fait cauchemarder nombre d’attaquants et Giorgio Chiellini (107 sélections, 8 buts) est toujours là, à 36 ans, pour les épouvanter. Revenu d’une longue période de blessure, le défenseur central a retrouvé sa place en charnière centrale à la Juventus, de même qu’en équipe d’Italie avec laquelle il s’apprête à disputer son quatrième Euro, avec notamment une finale perdue contre l’Espagne en 2012. Ce tournoi pourrait être le dernier rendez-vous de la «Tour de Pise» avec une Nazionale dont il est le capitaine depuis la retraite internationale de Gianluigi Buffon en 2018. Reste également à trancher son avenir en club, puisque son contrat à la Juventus s’achève fin juin.

Manuel Neuer, l’infranchissable
Lui aussi fait frémir les avant-centres, dans un autre style: le gardien Manuel Neuer (99 sélections avant l’amical contre la Lettonie lundi soir) sera à nouveau le dernier rempart d’une Allemagne en quête de rachat à l’Euro. Eliminée sans gloire au premier tour du Mondial-2018, la Mannschaft peut toujours compter sur son capitaine et portier (35 ans), un joueur qui a révolutionné son poste, dans les années 2010, en se permettant des sorties à 30 ou 40 mètres de ses buts. Impérial sur sa ligne, le champion du monde 2014 rayonne aussi d’une autorité naturelle auprès de ses équipiers. Son style? Le calme le plus absolu. Jamais un mot plus haut que l’autre devant les micros, mais une analyse pointue du jeu de son équipe. «Manu est dans une catégorie à part, incroyable», a résumé le sélectionneur Joachim Löw, qui aura bien besoin de Neuer pour s’extirper d’un groupe F très relevé avec la France et le Portugal.

Pepe, l’assagi
Toujours fringant avec Porto, Pepe (114 sélections, 7 buts) s’avance à 38 ans vers l’une de ses dernières batailles: la défense de la couronne européenne du Portugal. Sacré en 2016 en France, le natif du Brésil reste un défenseur craint et rigoureux sur qui l’âge semble avoir peu de prise, comme Cristiano Ronaldo (36 ans), son ami et compère des années Real Madrid. En outre, il affiche désormais un calme olympien qui lui a permis de faire oublier son image de joueur violent. Depuis son mauvais geste au Mondial-2014 sur Thomas Müller, qu’il recroisera à l’Euro, il a écopé d’un seul carton rouge. Le secret de sa longévité? «Du travail et beaucoup de passion, j’aime ce que je fais», a répondu Pepe, sous contrat avec Porto jusqu’à juin 2023.

Burak Yilmaz, la gâchette
Joueur clé pour Lille dans sa conquête d’un quatrième titre national, obtenu le mois dernier, le Turc Burak Yilmaz (67 sélections, 29 buts) a rejoint la sélection en pleine forme. Aux seize buts inscrits en championnat de France, le «Kral» («roi», son surnom) a ajouté une réalisation contre la Moldavie, jeudi en amical (2-0). A 35 ans, Yilmaz va goûter à sa première compétition majeure avec la Turquie, plus de quinze ans après son premier match en rouge et blanc, le 12 avril 2006 contre l’Azerbaïdjan (1-1). Après une carrière fluctuante en sélection, l’heure du retour en grâce pourrait sonner cet été pour l’ancien de Fenerbahce, Galatasaray et du Besiktas. Comme pour la Turquie, absente du Mondial-2018.