La réunion du Conseil des ministres présidée dimanche par le président Abdelmadjid Tebboune a confirmé le cap stratégique vers la souveraineté alimentaire, comme pilier essentiel de l’indépendance nationale, justifiant le caractère prioritaire du secteur de l’agriculture.
À travers les instructions qu’il a données lors du Conseil des ministres, le président de la République a indiqué sa volonté d’entamer l’année 2026 par la relance du programme national de céréaliculture comme levier important, après les mines, pour diversifier la production hors hydrocarbures avec l’ambition de rejoindre les pays émergents d’ici fin 2027 (avec un PIB de 400 à 450 milliards de dollars). La volonté et la détermination à moderniser ce secteur stratégique existent. Dans ce domaine, le potentiel est immense, il faut juste savoir le valoriser, en mobilisant tous les moyens et en assurant toutes les conditions nécessaires pour augmenter les capacités de production céréalière. C’est le sens des instructions données par le président Tebboune au gouvernement, après avoir suivi un exposé sur la feuille de route du secteur de l’agriculture pour 2026. Le rendement des cultures céréalières reste un souci majeur des pouvoirs publics. Pour rappel, en octobre dernier, à l’ouverture des travaux de la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a cité le rendement moyen en céréales en Algérie qui s’élève à environ 18 quintaux/ha, alors que d’autres pays ayant le même climat, atteignent plus de 35 quintaux/ha. De même, avait-il ajouté, la productivité laitière des vaches ne dépasse pas 3000 litres par an, tandis qu’entre 20 et 30% de la production agricole sont perdus chaque année, en raison de la faiblesse dans les chaînes de froid et de stockage. Quant au taux d’utilisation des techniques d’irrigation modernes, il ne dépasse pas 15% des superficies irriguées, dans un pays confronté à une baisse des ressources hydriques, a ajouté le ministre.
Le souci du rendement agricole a été exprimé par le président Tebboune qui a ordonné la poursuite de l’organisation du secteur et le maintien, en tête des priorités, de l’objectif d’augmentation du taux de production par hectare. Pour cela, les céréaliculteurs doivent adopter les méthodes scientifiques dans toutes les étapes de la culture, selon une stratégie intégrée et avec la participation d’experts et d’ingénieurs agronomes, en tenant compte de la qualité des semences et de la spécificité de chaque région et de ses sols. Le président de la République a, en outre, enjoint de réviser la loi d’orientation agricole, y compris les mécanismes d’organisation et de régulation de la production agricole. Concrètement, le président Tebboune a fixé le but du travail dans le secteur de l’agriculture en évoquant la règle de la réduction des importations sans créer de pénurie sur le marché. Dans ce cadre, la création de coopératives spécialisées est encouragée, notamment avec les nouvelles mesures incitatives que l’État continue d’accorder. On sait que la production de viandes rouges et blanches dans le système agricole en Algérie, est insuffisante. À ce propos, le président de la République a aussi ordonné au ministre de l’Agriculture de trouver des solutions « appropriées et urgentes » pour relancer cette production, de manière à répondre aux besoins du marché national, en associant les producteurs et les éleveurs. Autre obstacle à lever en urgence : le foncier agricole. Le communiqué du Conseil des ministres rapporte que, partant du principe que « la terre appartient à celui qui la cultive », le Président Tebboune a réaffirmé « l’engagement de l’État à poursuivre la régularisation du foncier agricole au profit des intervenants et de ceux activant sur le terrain, afin d’atteindre les meilleurs niveaux de production ».
Point inscrit à l’ordre du jour de la réunion du Conseil des ministres, la campagne labours-semailles 2025-2026 a donné lieu, selon le communiqué officiel, à deux instructions importantes: l’extension de la surface agricole cultivée à trois millions d’hectares et l’importation urgente de matériel agricole destiné à la récolte, notamment pour les cultures céréalières, le maïs et le tournesol.
M’hamed Rebah















































