Sellal

CAMPAGNE ÉLECTORALE DE BOUTEFLIKA : Sellal réactive les organisations de masse

À peine rappelé à la tête du directoire de campagne électorale de Bouteflika, l’ex-premier ministre, Abdelmalek Sellal, entame son agenda avant même le lancement de la campagne électorale, prévue vers la fin de la deuxième décade de mars prochain. Après avoir relancé l’UGTA de Sidi Saïd, comme force syndicale et mobilisatrice de masses au profit du candidat sortant, celui qui a eu à diriger, successivement, les trois dernières campagnes électorales de Bouteflika, atterrit, hier, chez l’Union nationale des paysans algériens (UNPA).
Il ne s’agit pas, pour Sellal, d’aller quémander une aumône électorale auprès de l’organisation dirigée par Mohamed Allioui, mais de juste renvoyer l’ascenseur du Président, qui s’adjuge, depuis son accession au pouvoir en 1999, du soutien sans faille de l’UNPA. «Je suis très conforté par votre présence et de me retrouver ici dans la maison des paysans. Vos soutiens nous encouragent», dit Sellal avant de transmettre «les salutations du Président» à cette organisation, comme il le fera d’ailleurs, prochainement, lorsqu’il arrivera chez d’autres associations de masses pour ne citer que l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA) ou encore l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA).
Et à Sellal, d’ailleurs, de passer outre le soutien des organisations de masse, pour faire parler le bilan du Président sortant, comme pour rappeler de tirer le parallèle entre la situation prévalant à la fin des années 90 et celle d’après, soit après l’arrivée de Bouteflika à la tête de l’État en 99. «Nous allons donner les chiffres du bilan car certains doutent toujours des capacités du Président à suivre les évènements du pays et à diriger le pays», assène Sellal à l’adresse de l’opposition, non sans donner, preuve du contraire à ce qui est prétendument dit, le bilan du quatrième mandat de Bouteflika. «De 2014 à fin 2018, les chiffres inhérents à la situation financière et économique du pays sont nettement meilleurs que les cinq années précédentes», estime l’ancien Premier ministre. En d’autres termes, malgré la dégradation de son état de santé, Bouteflika «aura fait mieux» au cours du 4e mandat que celui d’avant.
Mieux encore, Sellal ménage le président de la République, pour dire : «Le Président compte sur ses hommes de main. Je vous assure encore une fois que l’Algérie n’est pas en crise aigüe comme l’auraient dit certains avec surenchère», tente de rassurer encore le directeur de la campagne électorale de Bouteflika.
Ainsi face au débat contradictoire portant sur le bilan de Bouteflika, Sellal appréhende déjà les sorties fracassantes de l’opposition, qu’il compte affronter avec les chiffres qui «sont têtus et qui ne peuvent mentir».
Farid Guellil