Bourse d'Alger

BOURSE D’ALGER : Deux banques publiques ouvriront leur capital en 2021

Le ministre des Finances Aymen Benabderahmane a annoncé, hier, que l’ouverture du capital des banques publiques, touchera, dans un premier temps deux banques du secteur public et se fera à travers la Bourse.

Une démarche qui a pour finalité, « d’accompagner l’investissement», selon le ministre. Il a annoncé, également, l’ouverture « prochaine  de cinq agences » de banques algériennes l’étranger. L’annonce du ministre des Finances a été faite, en marge de l’ouverture, hier, à l’ouest d’Alger, Staoueli, précisément, d’une nouvelle agence Cnep-Banque destinée uniquement pour les produits de la finance islamique. Indiquant que le nombre d’agences à travers le pays demeure « insignifiant », promettant qu’elles seront plus d’une cinquantaine avec l’ouverture dans les prochains jours, de 30 nouveaux portails et services dédiés à ce type de finance, il rappelle que cette démarche vise l’absorption de l’argent informel. Objectif difficile à atteindre comme le soulignent des experts de la finance et de l’économie, du fait, de l’étendue et de l’enracinement du marché informel, du fait des activités économiques qui touche des pans de l’économie nationale, échappant à tout contrôle. La sphère informelle étant par essence un espace non réglementé, il sera difficile, dans un avenir proche de faire un bilan précis, devant montrer l’efficacité de cette démarche, dans la mesure, ou les données et les estimations relatives à l’argent circulant dans le marché parallèle et détenu dans les circuits et les barons de l’informel demeurent approximatives, imprécises si ce n’est des inconnues. Réitérant les promesses sur la levée des contraintes bureaucratiques et autres « formes de favoritisme » qui ont, « contrarié le bon fonctionnement », précise le ministre de l’opération de la finance islamique, ceci permettra, a-t-il fait savoir « d’atteindre l’objectif assigné » , à savoir, cite le ministre « la récupération de l’argent informel à travers des produits de la finance islamique ». Il est à rappeler que même au sein du parlement, des voix se sont élevées pour dire que le lancement de la finance islamique est loin de régler à lui seul, l’épineux problème du marché parallèle et des sommes colossales qui le nourrissent et le maintien en vie, échappant à tout contrôle et de redevance financière aux caisses de l’État. Pour ne citer que les déclarations du député Ahmed Zeghdar, membre de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale. Saluant, en effet, mai dernier, des décisions prises visant l’intégration de l’argent informel, dans la sphère formelle, il a indiqué que « d’autres décisions courageuses » devraient être prises, pour venir à bout de ce problème qui gangrène l’économie nationale. De son côté l’expert financier Omar Berkouk, saluant, avril dernier, la décision du gouvernement visant la canalisation des fonds du marché noir, dans notre pays, indiquant que c’est « une décision nécessaire», il affirme que « c’est une erreur de penser que le développement de la finance islamique ramènerait cette manne financière dans le circuit bancaire ». Pour cet expert « c’est une erreur d’appréciation » et d’expliquer que « derrière l’argument de la Charïa se cache une volonté farouche de dissimulation des activités et des revenus ». Et pour venir à bout de cette situation qui devient insoutenable pour le pays et l’économie déjà piégée par une dépendance aux recettes des hydrocarbures et les impacts d’un système économique rentier, non créateur de richesses et de valeur, l’expert préconise que « l’État doit être à la fois incitatif et coercitif », pour réussir la canalisation de l’argent de l’informel dans la sphère formelle. Des sommes colossales du marché parallèle échappent, faut-il le rappeler, à toute traçabilité, comptabilité, ou fiscalité, car circulant dans les labyrinthes et les nombreux circuits du marché noir.
Karima Bennour