Somme de la Ligue arabe

AU MOMENT OÙ LE PROCESSUS DE BERLIN EST REMIS EN MARCHE : Le dossier libyen aujourd’hui sur la table de la Ligue arabe

La Ligue arabe a décidé de reporter à aujourd’hui, la réunion extraordinaire des chefs de la diplomatie consacrée à la Libye, alors qu’elle était prévue pour hier lundi. Et pour cause, « des préparatifs techniques » afin d’assurer la participation  des ministres des Affaires étrangères des pays arabes, le secrétariat de l’organisation avait reçu la demande de cette réunion de l’Egypte, pour l’examen de l’évolution de la crise libyenne.
Eclipsé depuis longtemps sur le dossier libyen, lequel a été sur la table de nombreuses rencontres des pays voisins à la Libye, de l’Union africaine (UA) en plus des rencontres sur le plan international, la dernière en date, la conférence de Berlin, le 19 janvier dernier, la réunion de la Ligue arabe ne sera d’aucun impact sur le cours de la dynamique diplomatique qui s’est accentuée ces derniers jours. Alors que le cadre régional a été d’un apport important pour les acteurs libyens, notamment avec les réunions des pays voisins à la Libye, Algérie, Tunisie et Egypte, outre le rôle et les efforts de l’Union africaine en faveur d’un règlement politique de la crise libyenne, il est à s’interroger sur la pertinence de la tenue, aujourd’hui, de la réunion de la Ligue arabe sur la Libye. Celle-ci ayant été déjà sous l’emprise des monarchies des pays du Golf a ouvert le feu sur la Libye, en crise en 2011, en offrant une couverture à des membres du Conseil de sécurité pour l’envoi d’une intervention militaire étrangère, exécutée par l’Otan. Et c’est en réaction à la perte de vitesse des forces militaires du général à la retraite Khalifa Haftar, soutenu par les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, que ces derniers disputant le leadership avec la Turquie, comptent sans nul doute consacrer cette réunion, à des déclarations « incendiaires » contre Ankara, soutien militaire et politique, au gouvernement de Fayez Al-Serraj. Lequel conflit et divergences entre ces pays manifestent ces dernières années sur la scène libyenne non sans la présence également du rôle d’autres acteurs, principalement de l’Otan, la France notamment, ont plongé le peuple libyen et la Libye dans le chaos infernal et durable aux conséquences gravissimes sur l’avenir du pays et la région, sur fond de tensions générées par les mutations dans les rapports entre acteurs sur la scène internationale. Secouée par une crise politique et sécuritaire avec des conflits et des luttes de pouvoir depuis l’effondrement des institutions libyenne suivi, de l’absence de vie politico-institutionnelle en raison de l’intervention militaire de l’Otan, la crise libyenne s’est exacerbée jusqu’ à atteindre des seuils d’un point de non-retour, avec le conflit armée entre les forces du Gouvernement d’union national, de Fayez Al-Serraj et celle de l’armée libyenne, rendu possible avec l’échec de l’accord de Skhirat (Maroc) lequel n’a pas été pour répondre aux préoccupations et attentes de l’ensemble des libyens, à travers un contenu consensuel inter-libyen. Après avoir été l’initiatrice de la réunion de la Ligue arabe, L’Egypte, via son ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri a eu, dimanche dernier, une conversation téléphonique avec son homologue russe, Sergueï Lavrov sur , entre autres, la Libye. Dans un communiqué, l’administration du ministre russe a fait savoir, dans un communiqué, que les deux responsables « ont réfuté toute solution militaire concernant la crise libyenne  et dénoncé l’absence d’alternative à la cessation des hostilités » a fait savoir le ministère russe des Affaires étrangères. Selon la même source, il a été notamment question entre Lavrov et Choukri de «l’ouverture d’un dialogue avec toutes les parties libyennes pour négocier des accords universellement acceptés sur tous les aspects du règlement dans le cadre des conclusions de la conférence de Berlin», indique le message du ministère russe. Il est à rappeler que le 19 janvier dernier, Berlin a accueilli une conférence internationale sur la Libye qui a associé plusieurs pays, Russie, Turquie, France, Italie, et aussi les voisins de la Libye, l’Algérie et l’Egypte, rencontre qui a vu aussi la participation de l’ONU, de l’UA, et de l’UE. Etaient également présent à Berlin janvier dernier, Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA), et Khalifa Haftar, commandant de l’Armée nationale libyenne (ANL), sans qu’il y ait toutefois un dialogue direct entre ces deux derniers.
Karima Bennour