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AMINE ANDALOUSSI, CHARGÉ DE COMMUNICATION D’AIR ALGÉRIE : «Les créneaux libérés suite à la faillite d’Aigle Azur appartiennent à la France »

Air Algérie, qui a de tout temps donné du grain à moudre à la presse algérienne à cause d’une gestion qui laisse à désirer, est au cœur d’une nouvelle polémique qui, à croire son chargé de communication, M. Amine Andaloussi, « n’a pas lieu d’être ».

Il s’agit du fait que la compagnie algérienne n’a eu aucun créneau des 9 000 libérés suite à la faillite annoncée, septembre de l’année passée, d’Aigle Azur. Selon M. Andaloussi, Air Algérie n’est aucunement en droit d’exiger une quelconque part du gâteau que la compagnie française vient de lâcher. Et la raison est toute simple : elle (la part du gâteau) appartient entièrement à la France. « Aigle Azur est une compagnie française, et les créneaux qui étaient les siens appartiennent tout d’abord à la France », dira M. Andaloussi qui mettra en avant le fait qu’Air Algérie avait tout de même formulé une demande en bonne et due forme pour assurer une partie des dessertes jusque-là prises en charge par Aigle Azur. « La presse aime faire dans le sensationnel, dira M. Andaloussi, lui-même ex-journaliste. Et d’ajouter catégorique : « en aucun cas, on a été lésé ». « Il faut savoir, dira encore notre interlocuteur, qu’entre l’Algérie et la France en matière de trafic aérien, il y a ce qu’on appelle la règle de la réciprocité. Les créneaux sont partagés équitablement, et chaque pays exploite 50% du marché. La part de la France était répartie entre Air France et Aigle Azur. Il est donc tout à fait normal qu’après la faillite de cette dernière, la France en fasse profiter des compagnies françaises ».
Quid de Volotea, une compagnie espagnole, qui, selon la liste des compagnies ayant obtenu les droits de trafic d’Aigle Azur (liste publiée par la Direction générale de l’aviation civile française), s’est vue octroyer une part pas du tout négligeble des dessertes ? Cette compagnie low cost a pu, en effet, arracher le privilège de pouvoir desservir de grandes villes algériennes (Annaba, Béjaïa, Constantine, Oran, Sétif et Tlemcen) à partir de – et vers – Marseille. Elle a également arraché deux autres créneaux : Lyon-Sétif et Bordeaux-Alger. « C’est de la prestation de service », dira le chargé de communication d’Air Algérie qui explique qu’en aérien, « une compagnie peut louer des créneaux à une autre qui travaillera sous son étendard ».

Air Algérie est capable d’assurer de nouveaux créneaux
À rappeler qu’Air France, selon la même liste publiée par la Direction générale de l’aviation civile française, assurera des dessertes reliant Alger à Marseille, à Nice et à Toulouse, ainsi que celle reliant Toulouse à Oran, dessertes qu’Aigle Azur avait jusque-là assurées. Air France va également augmenter sa capacité sur la ligne Paris-Alger. Transavia, elle, s’est vue octroyer les créneaux qui se sont libérés entre Paris et les principales villes algériennes, à savoir: Alger, Oran, Constantine, Sétif, Tlemcen et Béjaïa, ainsi que des dessertes entre Lyon, d’une part, et Béjaïa, Constantine et Oran, d’autre part. Transavia va en outre procéder à l’augmentation de sa capacité sur la ligne Lyon-Alger. ASL Airlines comblera, pour sa part, les créneaux suivants : Paris-Annaba, Paris-Béjaïa, Lyon-Alger, Lille-Alger et Lille-Oran. La même compagnie augmentera sa capacité sur Paris-Alger. Cependant, « sensationnel » ou pas, Air Algérie reste l’une des compagnies aériennes au sujet desquelles on peut formuler une infinité de critiques. Et ce n’est certes pas cette accusation (celle de ne pas avoir eu de créneaux à l’issue de la liquidation judiciaire d’Aigle Azur), probablement disproportionnée, qui pourra la conforter dans le statut de « victime » de la presse, des spécialistes de l’aéronautique et des défenseurs de la rationalité économique. Avec une flotte d’une soixantaine (56 exactement) d’appareils en service et une pléthore d’effectifs (8 600 employés), Air Algérie peine, en effet, à « décoller ». Les spécialistes parlent de « l’insignifiance » de la flotte « nationale » (avec la compagnie Tassili Airlines dont la flotte s’élève à 23 appareils, nous avons en tout 81 appareils en service) et d’une politique de recrutement qui ne répond à aucune règle économique. L’on parle aussi, pour Air Algérie, d’un surplus de 3 000 employés « sans emploi » qui font que la masse salariale de la compagnie soit exagérément et inutilement élevée. Ce n’est pas tout : Air Algérie ne tourne pas à pleine capacité, car, à la question de savoir si elle était en mesure d’assurer de nouvelles dessertes si on lui en avait attribuées, le chargé de communication a répondu tout simplement : « oui ».
Hamid F.