Aïn Témouchent : les commerçants de l’informel en plein désarroi

Ils exerçaient au niveau des quartiers du centre-ville et des espaces squattés de la périphérie d’Aïn-Témouchent. Aujourd’hui ces jeunes du commerce informel, une fois leurs familles relogées à la nouvelle ville sud-ouest, au titre du nouveau programme de logements publics locatifs (LPL), se sentent dépaysés et n’arrivent plus à pratiquer le commerce dans les mêmes conditions qu’auparavant pour deux raisons essentielles. La première est due à l’indisponibilité d’espaces appropriés où les marchands des fruits et légumes et autres activités puissent se regrouper. La seconde est liée aux locaux existants détenus par d’autres jeunes ou en voie d’être distribués et maintenus fermés pour moult causes. En somme, ceux qui en ont marre de cette situation de statu quo constituent le groupe des jeunes de la cité dite « Jouhara ». Il est à rappeler qu’avant eux, il y a quelques semaines, ce sont leurs anciens partenaires de Hay Zitoune qui ont exprimé leur déboire et vidé leur sac pour les mêmes motifs. A les entendre parler on sent qu’ils sont dans une situation de précarité. Les premiers comme les seconds se demandent pourquoi des locaux cédés ces derniers temps à d’autres jeunes demeurent fermés, alors qu’eux sont dans le grand besoin. Cette question récurrente est comme un leitmotiv utilisé à tort ou à raison, à chaque fois quand se déroule une opération de distribution de logements dans les nouvelles cités. Les informations recueillies indiquent que la distribution des stands, au niveau des marchés de proximité de « Jouhara » et Hay Zitoune a été faite en présence d’un huissier de justice, il y a environ 08 mois. On précise derechef que les bénéficiaires se sont acquittés de tous leurs droits vis-à-vis du concédant desdits locaux au nombre de 80. Les contestataires se demandent pourquoi les locaux demeurent non exploités. Une question qui doit recueillir une attention particulière de la part des responsables locaux afin d’étudier les causes qui sont à l’origine de cette défection si l’on ose l’appeler ainsi. Selon des témoins oculaires, certains évoquent l’emplacement desdits locaux qui n’est pas approprié aux yeux des bénéficiaires. Et si c’est le cas il est évident que d’autres sont dans le besoin pour les occuper. Des observateurs demandent la révision du cahier des charges à même d’introduire des clauses permettant au promoteur concédant de restituer les biens dans un délai qui n’excède pas un mois.
Boualem Belhadri