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AFRIQUE DU SUD : L’armée pourrait être déployée pour contrer la violence des gangs

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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré que le gouvernement envisageait de déployer l’armée aux foyers de la violence des gangs pour lutter contre les crimes persistants liés aux bandes armées, ont rapporté dimanche des médias locaux.

« Un appel a été passé pour déployer l’armée », a indiqué M. Ramaphosa aux journalistes à la sortie de la Lekgotla (réunion politique ou gouvernementale majeure) du Comité exécutif national du Congrès national africain (ANC).
Il a affirmé que « la violence des gangs est l’un des défis auxquels la société est confrontée. Elle occupe une place prépondérante dans nos esprits ». Le président sud-africain a néanmoins averti que les soldats étaient formés à neutraliser des menaces plutôt qu’à mener des enquêtes, donc toute décision de déploiement nécessite une réflexion approfondie, soulignant le besoin d’adopter une approche équilibrée pour répondre à la crise. Le week-end dernier, au moins 26 personnes ont été tuées lors d’une série de violences liées aux gangs dans les banlieues des Cape Flats, dans la ville du Cap et dans la province du Cap occidental. Une fusillade a notamment eu lieu à Marikana, dans le quartier de Philippi Est, faisant huit morts. La région est depuis longtemps en proie à la violence liée aux bandes armées. D’après les statistiques de la police, 2.104 meurtres ont été signalés dans les Cape Flats au cours des neuf premiers mois de l’année 2025.

Collusion de politiques avec des groupes criminels
En septembre 2025, la justice sudafricaine a commencé à enquêter sur la collusion présumée entre personnel politique et le crime organisé. Premier témoin à être entendu, le chef de la police de la province du KwaZulu-Natal a accusé son ministre, Senzo Mchunu, d’avoir contribué à enterrer plus de 100 enquêtes criminelles. Cette commission d’enquête judiciaire sur les liens présumés entre personnel politique et crime organisé a été ordonnée par le président Cyril Ramaphosa. Elle a commencé ses auditions publiques le 17 septembre. L’Afrique du sud est miné par une criminalité incontrôlée et des scandales de corruption à répétition, alimentés par de puissants réseaux criminels. Premier à être entendu, le chef de la police régionale de la province du KwaZulu-Natal (est), Nhlanhla Mkhwanazi, qui a mis le feu aux poudres lors d’une spectaculaire conférence de presse le 6 juillet. Il avait alors accusé le ministre de la police, Senzo Mchunu, d’avoir des liens avec un homme d’affaires sulfureux accusé de corruption et tentative de meurtre, et d’avoir contribué à enterrer plus de 100 enquêtes criminelles. Le ministre a depuis été mis en congé par le président. « Mon but, c’est de montrer que le système judiciaire de lutte contre la criminalité fait, depuis longtemps, l’objet de menaces continues et de sabotages », a déclaré Nhlanhla Mkhwanazi à la commission. « Nous pensons que [le système judiciaire] encourt un risque d’effondrement total si rien n’est fait », a ajouté le policier en costume sombre. Nhlanhla Mkhwanazi, dont l’audition doit durer plusieurs jours, avait accusé le ministre de la police d’avoir reçu de l’argent de l’homme d’affaires Vusimuzi « Cat » Matlala, poursuivi pour blanchiment et tentative de meurtre. Il avait aussi accusé Senzo Mchunu d’avoir joué un rôle dans le démantèlement d’une unité – qu’il dirigeait – spécialisée dans les meurtres d’hommes politiques et à l’efficacité contestée.
R. I.

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