Alors que les autorités n’ont toujours pas tranché sur la question, les laboratoires et les pharmacies continuent de se disputer le droit de l’activité des analyses médicales.
Dans des communiqués respectifs les organisations syndicales qui représentent ces deux créneaux d’activité relevant du secteur de la santé défendent leurs causes. En effet le Syndicat algérien des laboratoires d’analyses médicales (SALAM) a tenu à rappeler « avec force » que la réalisation des examens de biologie médicale est strictement réservée aux laboratoires légalement agréés, conformément à la législation nationale en vigueur. Le syndicat souligne que l’article 251 de la loi de santé n°18-11 relative à la santé stipule clairement que : «Seuls les laboratoires de biologie médicale et les laboratoires d’anatomo-cyto-pathologie sont autorisés à effectuer des examens qui concourent au diagnostic, au traitement ou à la prévention des maladies humaines ou qui font apparaître toute autre modification de l’état physiologique des patients».
Selon le SALAM, « cette disposition exclut formellement toute possibilité de réalisation d’examens biologiques dans les officines pharmaceutiques ou salles de soins ou dans toute autre structure non légalement agréée ». Il a souligné, par ailleurs, que « les laboratoires de biologie médicale assurent une couverture sanitaire nationale effective, y compris dans les régions les plus reculées du pays, notamment à Adrar, Djanet, Bordj Badji Mokhtar, et bien d’autres ». Et d’ajouter que : «Cette interprétation a été confirmée de manière claire et catégorique lors de la réunion tenue au ministère de la Santé le 12 octobre 2023, en présence des experts désignés par le ministère ». « Ces derniers auraient unanimement affirmé qu’aucun examen de biologie médicale ne peut être réalisé en dehors des laboratoires légalement agréés », indique le syndicat des laboratoires ajoutant que « cette position est officiellement soutenue par le représentant du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens ainsi que par le directeur de la réglementation du ministère de la Santé, comme l’atteste le procès-verbal de ladite réunion, dont le SALAM détient une copie ». Enfin, le SALAM a considéré « que toute pratique contraire à ces dispositions constitue une menace grave pour la santé publique et la profession », et a réaffirmé sa détermination totale à user de tous les moyens syndicaux et judiciaires pour lutter contre toute forme d’exercice illégal de la biologie médicale, défendre la sécurité des patients et préserver la qualité des soins ».
Le SNAPO : « Un droit acquis depuis 1976 »
Face à la menace du syndicat des laboratoires, le Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), a rétorqué dans un communiqué rendu public dans lequel il rappelle que « les analyses médicales en pharmacie sont un droit acquis depuis 1976 et ne peuvent être annulées par une déclaration ou un communiqué ». Le SNAPO a tenu à précier à propos de la réunion d’octobre 2023, que celle-ci « contestée a été suspendue par le président de la réunion en raison du non-respect par l’un des participants des cadres du ministère et de son écart par rapport aux bonnes manières de la discussion sereine ». « Le Syndicat national des pharmaciens privés, comme les autres parties présentes, n’avait reçu aucun procès-verbal spécifique à cette réunion », a ajouté le syndicat, relevant en outre que «l’instruction ministérielle conjointe de 2023 est claire et ne nécessite aucune interprétation ». Selon le SNAPO «La commission ministérielle chargée de déterminer la liste des analyses médicales autorisées en pharmacie n’a pas terminé ses travaux et le syndicat n’a été informé d’aucun rapport sur les résultats de ses travaux depuis sa création ».
« La loi sur la santé n’empêche pas »
Toujours en voulant défendre sa cause, le SNAPO a estimé que les pharmaciens ne sont pas étrangers à cette activité et possèdent les qualifications et les capacités qui leur ont permis de fournir des services de santé de qualité dans les zones urbaines, semi-urbaines et isolées depuis 1976. « Il existe des municipalités et des zones isolées où il n’y a pas de laboratoires spécialisés, et le patient ne peut pas parcourir des centaines de kilomètres pour une analyse de base de la glycémie, qu’il a l’habitude de faire en pharmacie à un prix symbolique », a-t-il expliqué, avant de rappeler que la loi sur la santé n’a pas empêché les pharmaciens d’effectuer des analyses médicales, bien au contraire, elle leur permet d’exercer des services et des activités liées à la santé que le ministère de la Santé s’efforce de réglementer. Évoquant le code de déontologie médicale, le syndicat des pharmaciens rappelle aussi que ce dernier le permet explicitement, et toutes les lois sur la santé depuis 1976 reconnaissent ce droit, qui fait partie intégrante de la spécialisation académique du pharmacien. « En tant que pharmaciens, nous resterons derrière notre syndicat pour défendre ce droit légitime par tous les moyens légaux », conclut enfin le SNAPO.
Ania N.













































