En l’absence de réponses aux revendications des manifestations : L’exécutif français sous pression

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Estimant que les autorités françaises auraient « profité » du moment « de sidération » qui a suivi l’acte terroriste meurtrier, raciste et islamophobe, vendredi, à Trappes, dans les Yvelines, pour « créer un foyer de désordre » en annonçant au dernier quart d’heure le changement de parcours de la manifestation populaire à laquelle ont appelé les syndicats contre la cherté de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat et du mouvement lycéen et étudiant contre la dégradation des conditions d’études.
La France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon, a accusé le gouvernement Lecornu de réunir « les conditions du désordre ». Alors que les partisans des manifestations citoyennes réunis à Paris, poursuit-il, « incarnent le sang-froid et la discipline collective » dans ses déclarations auprès de LCI, après avoir interpellé l’équipe de BFMTV sur son discours haineux et les « remarques racistes » de la chaîne, qu’elle entreprend et distille dans l’espace médiatico-politique occultant les causes profondes secouant depuis des mois la vie socio-économique de la majorité des Français, dont près de 11 millions sont au seuil de la pauvreté.
Cette nouvelle journée de mobilisation et de protestation des citoyens à travers des villes dont Paris, intervient après une semaine du 17 octobre chaotique et au lendemain des rencontres, la veille, du Premier ministre Lecornu avec les acteurs politiques et le président Emmanuel Macron de son côté avec les collectifs du mouvement lycéen et étudiant, sans annonces de réponses concrètes aux revendications des uns et des autres, pour apaiser le climat tendu dans lequel est plongé le pays depuis des semaines.

Déploiement de 70 000 policiers et gendarme
Hier, bien avant le début des manifestations dont celle de Paris, à 14h, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé, peu avant 11h, heure française, « l’arrestation par la police de 135 personnes et 136 incidents de troubles à l’ordre public avaient été enregistrés à l’échelle nationale lors des manifestations de samedi ».
Si dans la capitale française l’itinéraire de la manifestation n’a pas été communiqué en temps opportun pour assurer les meilleures conditions de son déroulement, des interdictions de tenue des manifestations et de rassemblements ont été prononcées dans d’autres villes, telles Limoges et Nice pour ne citer qu’elles. Plusieurs villes françaises ont autorisé des manifestations hier, dont Lille, Strasbourg, Mulhouse, Grenoble, Marseille, Toulouse, Amiens à l’instar de Paris, et, faut-il le noter, de nombreux commerçants ont muré leurs commerces la veille, voyant l’incapacité de l’État à assurer leur protection. De son côté, la RATP, opérateur des transports publics parisiens, a annoncé la fermeture de 24 stations de métro de Paris, dès les premières heures de la matinée, précisant dès 7h00 du matin, heure française. À Lyon, où les manifestations sont interdites dans une grande partie du centre-ville, de petits rassemblements ont été dispersés violemment par les forces de l’ordre à l’aide de tirs de grenades lacrymogènes. La veille de la mobilisation de l’acte 11, le ministre de l’Intérieur avait annoncé vendredi « le déploiement de 70 000 policiers et gendarmes à travers le pays pour les manifestations », indiquant la mobilisation également « des soldats de l’opération Sentinelle de l’armée française pour contribuer à prévenir les violences lors des protestations ». Hier à Montpellier, des militants de l’extrême droite ont agressé violemment des citoyens et la police n’est pas intervenue, comme le montrent des vidéos circulant sur les réseaux sociaux filmant cette agression musclée de militants de l’extrême droite. Critiqué pour s’être tenu à distance durant un mois de crise et une situation de tension ayant ouvert la voie par des violences, un recours a été déposé devant le Conseil d’État contre les propos du président Macron limitant les cortèges non syndicaux, pour la journée d’hier, des manifestations contre la cherté de la vie et la convergence des colères, notamment des gilets jaunes, agriculteurs, retraités, soignants, personnel de santé, enseignants, etc.
R. I.