Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a dénoncé les agressions perpétrées par des colons sionistes contre une délégation diplomatique européenne dans la localité d’Al-Taybeh, au nord-est de Ramallah, et contre une photographe du Washington Post dans le village d’Abou Fallah. Ces attaques, survenues dans un contexte d’intensification des violences contre les agriculteurs palestiniens durant la saison de la récolte des olives, illustrent, selon le mouvement, le climat de terreur imposé aux Palestiniens et l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces actes. Dans un communiqué publié dimanche, le FPLP a fermement condamné l’agression visant une délégation diplomatique européenne à Al-Taybeh, ainsi que l’attaque survenue la veille contre Heidi Levine, photographe américaine travaillant sous contrat pour le quotidien The Washington Post, alors qu’elle couvrait des violences de colons contre des cueilleurs d’olives à Abou Fallah, au nord-est de Ramallah. Le mouvement palestinien a estimé que ces agressions, visant aussi bien des représentants diplomatiques que des journalistes, témoignent de l’escalade des violences des colons et de leur sentiment de pouvoir agir en toute impunité. Il les a inscrites dans une politique visant à déraciner les Palestiniens de leurs terres et à imposer l’expansion coloniale par la force.
Une délégation européenne prise pour cible
Samedi, des colons sionistes ont attaqué une délégation comprenant des représentants diplomatiques de la France, de la Belgique et de la Pologne, alors qu’elle se trouvait sur les terres de la localité d’Al-Taybeh, dans le gouvernorat de Ramallah. Des Palestiniens occupés à la récolte des olives ont également été pris pour cible. Selon le maire d’Al-Taybeh, Souleiman Khourieh, l’agression s’est produite après une cérémonie de signature d’un accord de jumelage avec une municipalité française. L’attaque a fait plusieurs blessés parmi les habitants et provoqué des dégâts matériels, notamment la destruction des vitres d’un véhicule appartenant à la délégation belge. D’après des informations rapportées par la radio de l’armée d’occupation, des colons masqués ont pris à partie les véhicules diplomatiques, contraignant leurs occupants à présenter leurs pièces d’identité. Un consul aurait également été jeté à terre au cours de l’attaque. La radio a qualifié l’incident de «grave incident diplomatique», évoquant des témoignages recueillis sur place et des enregistrements vidéo montrant notamment un véhicule diplomatique pris pour cible à coups de pierres. L’agression a suscité une réaction ferme de la Belgique. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné les faits et réclamé que les responsables soient traduits en justice, dénonçant l’impunité entourant les violences des colons dans les territoires palestiniens occupés. Dans une publication sur la plateforme X, le chef de la diplomatie belge a affirmé que son pays poursuivrait ses efforts au sein de l’Union européenne en faveur de sanctions contre les colons impliqués dans des actes de violence et contre ceux qui les soutiennent.
Il a également souligné le lien entre ces agressions et la politique de colonisation illégale menée par l’occupation sioniste. Maxime Prévot a par ailleurs condamné l’expansion des colonies et les tentatives de déplacement forcé des Palestiniens, appelant à des mesures concrètes pour poursuivre les auteurs des agressions et leurs soutiens. Il a rappelé que les autorités israéliennes, en tant que puissance occupante, sont tenues de protéger la population palestinienne et de garantir la sécurité des diplomates et des journalistes, ainsi que de traduire en justice les responsables des violences.
Les journalistes également dans le viseur
L’attaque contre la délégation européenne intervient au lendemain de l’agression visant Heidi Levine, photographe américaine sous contrat avec The Washington Post. Celle-ci a été blessée alors qu’elle couvrait une attaque de colons contre des agriculteurs palestiniens occupés à la récolte des olives dans le village d’Abou Fallah. Elle a ensuite été transportée à l’hôpital pour recevoir des soins. Pour le FPLP, le ciblage des journalistes constitue une nouvelle illustration de l’escalade des violences visant à empêcher la documentation des exactions commises contre les Palestiniens. L’agression contre la photographe, survenue dans l’exercice de ses fonctions, souligne également les risques auxquels sont exposés les professionnels des médias couvrant les attaques dans les territoires palestiniens occupés.
Le mouvement a directement mis en cause le gouvernement de l’occupation sioniste, qu’il accuse d’offrir une couverture politique et militaire aux agressions des colons. Il a rejeté toute tentative de présenter ces actes comme des incidents isolés, estimant qu’une telle lecture occulte leur lien avec le projet colonial et permet aux autorités de l’occupation de se soustraire à leurs responsabilités.
M. Seghilani

