Le Groenland est situé entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Désigné comme la plus grande île du monde (avec une superficie de plus de 2 millions de Km2 pour moins de 60 000 habitants) ce territoire était, durant la Seconde Guerre mondiale, occupé par les allemands. À la fin de la guerre, le Danemark reprend le contrôle de ce pays qu’il occupait depuis 1933. En 1946, le président américain Harry Truman propose d’acheter l’île en proposant la somme de 100 millions de dollars. Proposition refusée par le royaume du Danemark. En 1951, l’OTAN y installe une base militaire. En janvier dernier, le président Donald Trump relance l’idée américaine d’annexer le Groenland. Vive réaction du Danemark qui refuse de céder sa colonie. Le conflit dépasse la relation bilatérale États-Unis- Danemark. Il implique l’OTAN dont font partie les deux protagonistes. Mais aussi l’Union européenne dont le Danemark est membre. Pourquoi les deux pays attachent-ils une si grande importance au Groenland ? Sa situation géostratégique le place à équidistance des missiles balistiques entre l’Amérique du Nord et la Russie. Par ailleurs, le réchauffement de la planète a ouvert, dans ce qui était la banquise, des voies maritimes qui réduisent la durée des transports entre l’Amérique, l’Asie et l’Europe. Ce n’est pas tout, le territoire recèle de précieuses richesses naturelles constituées principalement de terres rares, d’uranium et autres gisements. On comprend mieux les convoitises braquées sur ce territoire. D’ailleurs, l’accord qui a été signé hier, en marge de l’AG de l’ONU, entre les États-Unis, le Danemark et le chef du gouvernement groenlandais, prévoit de confier la sécurité à Washington. À la grande satisfaction de l’administration Trump qui peut ainsi barrer la route à d’éventuelles tentations de la Chine ou de la Russie de s’y implanter. Le texte de l’accord n’a pas été rendu public, néanmoins les trois parties semblent satisfaites. Donald Trump qui, à défaut de l’annexion, a obtenu le contrôle militaire de ce territoire, a déclaré : « aucun adversaire des États-Unis ne peut maintenir une base militaire sur l’île arctique, ni réaliser des investissements sensibles au Groenland sans notre approbation écrite explicite » a-t-il déclaré. Pour la Première ministre danoise Mme Mette Frederiksen « C’est une chose sur laquelle nous sommes d’accord avec les Américains depuis très, très longtemps : la région arctique, l’Atlantique Nord, constituent une zone de défense importante pour tous les membres de l’Otan ». Quant au Chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen, « l’accord garantit la sécurité du Groenland et reconnaît ses intérêts ». Tout va bien pour tout le monde. En façade, tout au moins. Des observateurs plus critiques font observer que Trump n’a pas atteint son objectif d’annexion, les Danois ont perdu de leur souveraineté sur ce territoire et les groenlandais voient se compliquer leur objectif d’indépendance. Pour l’instant, la guerre du Groenland est repoussée. Reste à savoir pour combien de temps ?
Zouhir Mebarki









