L’ESPAGNE A PRIS CONSCIENCE DU DANGER DU JEU PERVERS DU MAKHZEN : Ceuta et Melilla, des lignes rouges !

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L’Espagne prend, chaque jour un peu plus conscience du danger du jeu pervers du Makhzen qui n’hésite pas à faire montre de signes hypocrites de bonne volonté tout en menant des actions hostiles contre sa sécurité.
Dans ce contexte, Pedro Pitarch Bartolomé, ancien commandant de l’Eurocorps n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour affirmer que : « L’invasion de Ceuta était un acte hostile de guerre hybride avec des violations de frontières organisées depuis Rabat ».
Plus critique il a rappelé, dans une tribune intitulée : « L’expérience marocaine », reprise par le grand quotidien espagnol « La Razón », que l’assaut sur Ceuta relance le débat sur la stratégie du Maroc dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. L’ancien commandant de l’Eurocorps a remis en question les actions du gouvernement espagnol et prévient que ce qui s’est passé pourrait être un avant-goût de scénarios futurs. Il fait préciser dans ce cadre que la prise de conscience des dangers du jeu pervers du Maroc est générale du côté espagnol.
La thèse principale de l’ ancien commandant repose sur l’ampleur de l’afflux migratoire de clandestins. Il soutient qu’une mobilisation d’une telle ampleur et aux profils si divers a forcément été préméditée. « Sa préparation a forcément été forcée et préalablement détectée par les services de renseignement (CNI et CIFAS, entre autres) », a-t-il affirmé. Il soulève une question concernant les actions des institutions espagnoles : « à moins qu’elles ne soient toutes considérées comme de parfaits idiots et qu’il faille les dissoudre », a-t-il ironisé.
L’ancien commandant estime que les faits permettent d’émettre l’hypothèse que le gouvernement n’a pas accordé suffisamment d’attention, de prévention et de dissuasion « face à une violation massive de la souveraineté nationale et à une attaque contre la sécurité et les biens du peuple de Ceuta, ainsi que contre l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Il faut rappeler que par le passé, le Maroc a toujours usé de la pression migratoire dans les épisodes de tension dans ses relations avec l’Espagne ce qui devait mettre en état de veille constante et de vigilance les services de sécurité espagnols. Pour Pitarch, le retour de milliers de migrants au Maroc est la preuve que les auteurs de l’attentat agissaient sur ordre. « La retraite ordonnée qui a suivi confirme que ces individus ou leurs chefs obéissaient à des ordres supérieurs qui, de toute évidence, ne pouvaient venir que de Rabat », affirme-t-il. Et de nombreux récits de témoins des faits avaient fait état de la présence de gendarmes et de policiers marocains dans la masse des clandestins revenant au Maroc.
Il a abordé dans sa tribune, l’impact de cette affaire sur les relations de son pays avec l’espace de l’UE, affirmant que le manque de fermeté du gouvernement espagnol pour empêcher et stopper par tous les moyens cet afflux massif a tiré la sonnette d’alarme au sein de l’Union européenne ce qui a conduit plusieurs pays comme l’Italie, la France, la Finlande, le Danemark, la Suède et l’Autriche entre autres, à exprimer leur mécontentement et leur rejet de la gestion des frontières espagnoles dans le cadre de l’accord de Schengen sur la libre circulation au sein du continent ». L’ancien commandant n’a pas manqué de citer dans son analyse les réactions des États-Unis et Israël.Il a affirmé à ce sujet qu’il est difficile d’imaginer que Rabat ait pu organiser une telle invasion hybride sans la connaissance préalable de ces deux pays », qu’il décrit comme « des pays entretenant des liens stratégiques étroits avec le Maroc. Dans sa tribune, il affirme que dans les médias et sur les réseaux sociaux, une « frustration publique croissante et pernicieuse » se manifeste face à ce qu’il considère comme un « manque de réaction face à un outrage aussi grave ». Dans ce contexte, il note la suspicion que la réaction aurait été différente sous le règne de Juan Carlos Ier. « On soupçonne de plus en plus qu’avec Juan Carlos sur le trône, cela ne serait pas allé aussi loin », souligne-t-il. Pitarch conclut tout en appelant à une réaction face à la situation et réitère l’avertissement qui donne son titre à son analyse : « ne nous laissons pas tromper, et ne nous laissons pas tromper nous-mêmes, car ceci n’a été rien de plus qu’une répétition de ce qui va arriver. » La tribune de Pitarch n’est pas la voix voyant dans la dernière invasion de Ceuta une manœuvre du Maroc. La ministre espagnole de la Défense a déjà déclaré que Ceuta et Melilla est une ligne rouge, mettant en garde contre toute velléité marocaine de s’en emparer. D’anciens gradés de l’armée espagnole ont abondé dans le même sens. Force est de constater qu’il y a un consens dans les milieux militaires et sécuritaires sur la thèse d’un complot marocain visant à occuper les villes autonomes espagnoles. Sur le plan politique aussi, la classe politique dans toutes ses composantes a crié au complot et s’est engagée à défendre la souveraineté espagnole sur les enclaves de Ceuta et Mellila.
Vendredi des milliers de citoyens habitant Ceuta ont manifesté dans l’enclave pour condamner l’agression perpétrée par le Maroc et pour appeler à expulser tous les migrants Marocains. Cela intervient au moment ou une visite du roi Felipe est programmée dans les tous prochains jours.
Slimane B.