GRÂCE À LA NUMÉRISATION : Des importateurs fraudeurs débusqués

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L’examen et le traitement des dossiers soumis via la plateforme numérique du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, dotée d’une fonctionnalité d’intelligence artificielle, pour les quotas d’importation du second semestre 2026 (les fameux Programmes prévisionnels d’importation, PPI), ont abouti à de graves révélations portant sur plusieurs anomalies et cas suspects. 

De quoi s’agit-il ? Le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations a annoncé dans un communiqué que l’analyse a révélé que 581 opérateurs économiques avaient indiqué la même localisation géographique pour leurs unités de production sur la plateforme numérique à l’aide du GPS. Autre bizarrerie : le processus de rapprochement a permis de constater que certaines unités de production concernées étaient situées dans des complexes résidentiels et des immeubles d’habitation, lieux inappropriés, voire interdits, pour des activités économiques. Les services du ministère ont été forcément amenés à vérifier la compatibilité de ces localisations avec la nature déclarée de l’activité de production et les quantités de matières premières requises. Autre anomalie : plusieurs cas ont été recensés où des adresses géographiques ont été identifiées au sein des locaux ou des unités de production d’autres entreprises, sans qu’aucun lien juridique n’ait été établi entre ces entreprises et les opérateurs concernés, que ce soit par le biais des données déclarées, qu’il s’agisse de succursales ou de filiales. 

Enfin, incroyable mais vrai : le ministère a relevé un cas notable concernant 47 opérateurs économiques ayant indiqué la même adresse géographique au sein d’un complexe résidentiel, plus précisément dans un immeuble d’appartements du quartier AADL de la commune d’Ouled Fayet (Alger). Ce cas, précise-t-on a été inclus dans la procédure de vérification, compte tenu du nombre d’opérateurs enregistrés à la même adresse. Les résultats des inspections et enquêtes menées à ce jour ont révélé l’existence de sociétés écrans dans certains cas vérifiés sur place, a confirmé le ministère dans son communiqué qui annonce des enquêtes et des audits en cours pour d’autres cas présentant des indicateurs nécessitant un complément de vérification. Le ministère a, en outre, fait savoir que les résultats des opérations de contrôle et des enquêtes de terrain menées à ce jour ont permis d’établir l’existence de sociétés fictives parmi certains des cas ayant fait l’objet de vérifications sur le terrain. Par ailleurs, les opérations d’audit et d’enquête se poursuivent concernant les autres cas ayant fait apparaître des indicateurs nécessitant des vérifications supplémentaires. 

Ce n’est pas fini, les opérations de vérification se poursuivent, y compris à l’égard de certaines sociétés ayant obtenu le visa du programme prévisionnel d’importation pour le second semestre de l’année 2026, afin de s’assurer de l’exactitude des données et des documents fournis, ainsi que de leur conformité avec la situation réelle des opérateurs économiques. Le ministère indique que cette opération s’inscrit dans le cadre du renforcement du contrôle numérique et sur le terrain, de la consolidation de la précision et de la fiabilité des données déclarées, en sus de la garantie que les programmes prévisionnels d’importation visés correspondent à la réalité économique et productive effective des opérateurs. On sait que la rumeur publique parle beaucoup de prétendues restrictions touchant les importations d’intrants indispensables à des activités de production, mais on entend moins parler des tentatives d’importations fictives destinées à la fuite de capitaux. Le communiqué du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations vient remettre les pendules à l’heure. Une faune de fraudeurs à l’importation existe bel et bien et tente de porter atteinte à l’économie nationale. Dans cette situation, les services du ministère sont entraînés dans de coûteuses (en temps et en argent) opérations de vérification. Un travail de contrôle en amont effectué par les organisations patronales pourrait aider à prévenir de telles actions frauduleuses. 

M’hamed Rebah