Le gouvernement israélien a franchi une nouvelle étape dans sa politique de colonisation en Cisjordanie occupée.
À la suite de l’approbation par le cabinet de sécurité israélien (Kabinett) d’un plan prévoyant la création de 22 nouvelles colonies, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré, hier, que l’entité sioniste avait engagé une « révolution de la colonisation », affirmant que cette politique ne se limiterait pas à la Cisjordanie, mais s’étendrait également au Néguev et à la Galilée. Selon les médias israéliens, le plan adopté prévoit notamment la légalisation de neuf avant-postes de colonisation déjà existants ainsi que la création de nouvelles implantations dans plusieurs secteurs stratégiques de la Cisjordanie, notamment dans la région du mont Ebal, près de Naplouse, et dans le nord du territoire, où se trouvait autrefois la colonie de Sanur, évacuée dans le cadre du plan de désengagement israélien de 2005. Le ministère israélien de la Défense a qualifié cette décision d’« historique », estimant qu’elle permettra de renforcer la « mainmise stratégique » de l’entité sioniste sur la Cisjordanie et d’empêcher la création d’un État palestinien. Cette annonce intervient alors que la communauté internationale considère majoritairement les colonies israéliennes établies dans les territoires palestiniens occupés comme illégales au regard du droit international. Cette position a été réaffirmée par l’avis consultatif rendu en juillet 2024 par la Cour internationale de Justice, qui a jugé illégale la présence israélienne prolongée dans les territoires occupés.
Intenses opérations militaires
Parallèlement à cette décision politique, les forces israéliennes ont poursuivi leurs opérations militaires dans plusieurs villes et localités de Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, multipliant les raids, les arrestations et les perquisitions. À Elkhalil, six Palestiniens ont été blessés lors de l’attaque menée, dans la nuit de dimanche à lundi, par une trentaine de colons contre le domicile de Salem Al-Hathalin, dans le village d’Umm Al-Kheir, situé dans la région de Masafer Yatta. La famille Al-Hathalin fait régulièrement l’objet d’agressions de la part des colons. Deux jours auparavant, les autorités israéliennes avaient déclaré la zone « secteur militaire fermé », limitant les déplacements des membres de la famille. À Naplouse, quatre Palestiniens ont été arrêtés après des perquisitions de leurs domiciles, tandis qu’une autre personne a été interpellée dans le village de Qabalan, au sud de la ville. Des arrestations ont également été signalées à Qalqilya, Tubas, Elqods-Est et Elkhalil. Parmi les personnes interpellées figurent un ancien prisonnier palestinien ainsi qu’un adolescent de 15 ans. Le Bureau palestinien d’information sur les prisonniers a dénoncé la poursuite des campagnes d’arrestations quotidiennes visant notamment les enfants et les anciens détenus palestiniens, dans le cadre d’une politique de répression qui s’accompagne de perquisitions, de destructions de biens et d’actes d’intimidation contre les familles.
Un adolescent tué et plusieurs enfants blessés
Dimanche soir, un adolescent palestinien de 16 ans, Walid Nidal Walid Abou Snineh, a été tué par des tirs de l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Qalandia, au nord de Jérusalem occupée, selon le ministère palestinien de la Santé. Deux autres enfants ont été blessés par balles aux membres inférieurs lors de la même intervention. Des sources locales indiquent que les forces israéliennes ont fermé les accès au camp et utilisé des munitions réelles ainsi que des grenades lacrymogènes contre les habitants. Quelques heures auparavant, un nourrisson palestinien de quatre mois, Ahmad Maârouf Zaid, est décédé après que les forces israéliennes ont empêché son transfert vers un centre hospitalier à travers le poste de contrôle de Deir Ammar, à l’ouest de Ramallah. Selon des sources médicales palestiniennes, l’enfant souffrait d’un grave problème de santé et n’a pas pu recevoir les soins nécessaires en raison de la fermeture du passage, en vigueur depuis cinq mois. Selon les statistiques officielles palestiniennes, l’escalade militaire sioniste en Cisjordanie, engagée depuis le 8 octobre 2023, a causé la mort de 1 175 Palestiniens et fait 12 919 blessés. Environ 24 000 personnes ont été arrêtées et près de 33 000 autres déplacées à la suite des opérations militaires et des violences commises par les forces israéliennes et les colons dans les territoires occupés.
M. Seghilani













































