Le Festival international du cinéma du Sahara occidental (FiSahara) a appelé au boycott d’un film comportant des scènes tournées dans la ville occupée de Dakhla, estimant que cette production contribue à légitimer l’occupation marocaine du Sahara occidental et à cautionner la répression systématique exercée contre le peuple sahraoui, qui revendique l’exercice de son droit à l’autodétermination.
Dans un communiqué, la directrice exécutive du festival, Maria Carrión, a dénoncé le choix du réalisateur Christopher Nolan de tourner une partie de son nouveau film de fiction, « L’Odyssée », dans la ville occupée de Dakhla. Selon elle, cette décision constitue « une violation flagrante et manifeste du droit international ». « Lorsque Christopher Nolan foule le tapis rouge, il piétine également le droit international, en particulier le droit du peuple sahraoui à ses terres et à ses ressources naturelles, exploitées illégalement par le Maroc », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que ce tournage revient à « légitimer et à se rendre complice de l’exploitation illégale des richesses et des territoires du peuple sahraoui, occupés par le Maroc depuis 1975 », rappelant que les Nations unies continuent de considérer le Sahara occidental comme un territoire non autonome. De son côté, l’acteur espagnol Javier Bardem, qui avait produit en 2012 un documentaire consacré au Sahara occidental occupé, a vivement critiqué le réalisateur.
Il l’a exhorté à « comprendre l’histoire de la répression subie par le peuple sahraoui » et à éviter de porter atteinte à ses droits légitimes et inaliénables à l’autodétermination. Le tournage de plusieurs scènes du film à Dakhla occupée a suscité une vague d’indignation et de critiques de la part d’organisations sahraouies et internationales ainsi que de plusieurs médias. Ces derniers y voient « une nouvelle forme » de normalisation culturelle avec l’occupation marocaine et une violation manifeste du droit international. Auparavant, des défenseurs des droits humains et des militants sahraouis et internationaux avaient lancé un appel à l’équipe de production afin qu’elle renonce au tournage dans le territoire occupé. Ils ont également exprimé leur solidarité avec le peuple sahraoui, soumis à l’occupation marocaine depuis près de cinquante ans et confronté quotidiennement à diverses violations des droits humains en raison de son combat pacifique pour l’autodétermination et l’indépendance.
M. Seghilani
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