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L’école se sépare de l’APC

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Un gigantesque chantier est en cours dans notre pays. Tout en douceur. Graduellement. Millimétré. Chacun sait que nos écoles comportent deux parties bien distinctes de leur fonctionnement. Comme en informatique avec le hardware et le software, le « contenant » de nos écoles est assuré par l’APC (ministère de l’Intérieur), tandis que le « contenu » relève des prérogatives du ministère de l’Éducation nationale. C’est cette dernière Institution qui va rassembler les deux parties et devenir l’unique tutelle de l’école primaire. Ce basculement, qui exige d’être mené avec beaucoup de précautions, a été préparé minutieusement par « un groupe de travail commun (des deux ministères : l’Intérieur et l’Éducation nationale NDLR) avant d’être lancé. Pour une séparation sans problèmes. L’annonce officielle de l’opération de ce transfert a été rendue publique, samedi dernier à partir d’Oran, par le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui. Se voulant rassurant, il a précisé que le « transfert (sera) fluide ». Tout en reconnaissant que l’opération est « importante et nécessite une organisation rigoureuse et un accompagnement précis ». Il s’agit, en effet, d’un gigantesque chantier. Ce ne sont pas moins de 21.000 écoles primaires, à travers l’ensemble du pays, qui vont se séparer de la tutelle du ministère de l’Intérieur et ne plus dépendre des APC. Avec, pour certaines, leurs cantines scolaires et le parc du transport scolaire. Avec leurs différents équipements (tables, chaises, appareils de chauffage, etc.). Avec les travaux de maintenance (plomberie, électricité, peinture, etc.). Y compris l’hygiène rigoureuse des lieux au quotidien. Toute cette partie « hardware » rejoindra le « software » déjà sous tutelle du ministère de l’Éducation. En bref, l’école algérienne ne sera plus écartelée entre deux Institutions. D’autant que les ressources financières des APC diffèrent d’une commune à l’autre. Rendre la totalité de la gestion à l’Institution éducative (du budget prévisionnel à la mutualisation des moyens des services déconcentrés du ministère de l’Éducation nationale) donnera, à coup sûr, de meilleurs résultats à l’école. Bien que la mise en place des moyens logistiques du nouveau et unique ministère de tutelle, est loin d’être une mince affaire. Surtout lorsqu’il faudra faire attention que cette charge ne vienne pas entraver celle du programme pédagogique. La gestion combinée de ces deux aspects de l’École sont aussi importantes l’une que l’autre. L’enjeu est de former, éduquer et transmettre le savoir dans les meilleures conditions aux générations montantes. Il est tout aussi clair que la révision du code communal et de la wilaya vient à point nommé pour modifier la réglementation en vigueur, notamment l’article 122 du code communal de 2011, ainsi que les décrets et arrêtés qui s’y rattachent. Ce changement allègera les charges des APC. Tout en garantissant l’égalité des chances de nos enfants sur l’ensemble du territoire national. Une séparation bénéfique mais ô combien difficile !
Zouhir Mebarki

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