L e secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a réaffirmé que la décolonisation demeure l’un des objectifs fondamentaux de l’ONU et que le droit à l’autodétermination reste un droit inaliénable pour les peuples vivant dans 17 territoires non autonomes à travers le monde. Dans un discours prononcé en son nom à New York lors de la réunion de la commission spéciale des Nations unies chargée de la question des territoires non autonomes, M. Guterres a rappelé que l’ONU a été créée comme une plateforme d’égalité entre les États et non comme un instrument de domination. Il a souligné que l’Organisation a joué un rôle central dans l’accession à l’indépendance de plus de 100 pays depuis sa fondation en 1945. « Il existe aujourd’hui 17 territoires non autonomes », a-t-il déclaré, précisant que la diversité de leurs situations rend impossible une approche unique. Certains revendiquent davantage d’autonomie, d’autres aspirent à l’indépendance, tandis que certains préfèrent maintenir le statu quo pour des raisons économiques ou sécuritaires. Face à ces défis, le secrétaire général a appelé à une approche pragmatique fondée sur trois priorités. La première repose sur un dialogue inclusif entre les territoires concernés, les puissances administrantes et les États membres, au cas par cas, conformément à la Charte des Nations unies et aux résolutions adoptées. La deuxième priorité concerne la jeunesse. Selon M. Guterres, la vision et le leadership des nouvelles générations sont essentiels pour construire un avenir productif et inclusif. Dans plusieurs territoires non autonomes, les pressions démographiques aggravent les difficultés, plaçant les jeunes entre l’attachement à leur identité locale et le désir d’émigration. La troisième priorité est liée à la crise climatique. La majorité de ces territoires sont de petites îles exposées à la montée du niveau des mers, à l’érosion des côtes et à des phénomènes météorologiques extrêmes, ce qui affecte directement les conditions de vie de leurs populations. Le secrétaire général a ainsi appelé à faire de l’adaptation et de la résilience un axe central des débats futurs. En conclusion, António Guterres a estimé que, malgré les progrès réalisés au fil des décennies, des efforts restent nécessaires pour renforcer la décolonisation et garantir pleinement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Selon un rapport publié par l’ONU sur son site officiel, environ 750 millions de personnes vivaient en 1945 dans des territoires non autonomes sous domination coloniale. Aujourd’hui, 17 de ces territoires, totalisant près de deux millions d’habitants, figurent toujours à l’ordre du jour de l’Organisation. Ces territoires sont considérés comme non autonomes lorsqu’ils n’ont pas accédé à une indépendance complète ou lorsque leurs populations n’exercent pas pleinement leur droit à l’autodétermination et restent sous la responsabilité d’une autorité extérieure. La liste comprend notamment : les Samoa américaines, Anguilla, les Bermudes, les îles Vierges britanniques, les îles Caïmans, les îles Falkland (Malouines), la Polynésie française, Gibraltar, Guam, Montserrat, la Nouvelle-Calédonie, Pitcairn, Sainte-Hélène, Tokelau, les îles Turks-etCaicos, les îles Vierges américaines ainsi que le Sahara occidental. Il est à rappeler que les Nations unies ont célébré en décembre dernier, pour la première fois, la Journée internationale de la lutte contre le colonialisme. Une initiative symbolique visant à attirer l’attention sur la persistance des défis auxquels sont confrontés les territoires non autonomes et à réaffirmer l’engagement de l’ONU en faveur des principes de liberté, de dignité et de justice pour tous les peuples. Ces priorités illustrent que le processus de décolonisation est désormais lié non seulement à des enjeux politiques, mais aussi à des questions de survie, faisant parfois de l’indépendance une réponse à des menaces existentielles.
M. S.










































