Accueil À LA UNE LE PRISONNIER POLITIQUE SAHRAOUI, NAÂMA ASFARI, DANS UN ENTRETIEN À NOTRE CONFRÈRE...

LE PRISONNIER POLITIQUE SAHRAOUI, NAÂMA ASFARI, DANS UN ENTRETIEN À NOTRE CONFRÈRE « LA PATRIE NEWS » : « Militer pour une cause juste est une fierté »

0

Avec la détermination du militant pour une cause juste que rien ne peut ébranler, le porteparole des manifestants pacifiques de Gdeïm Izik, Naâma Asfari, condamné arbitrairement, torturé et emprisonné, affirme, dans un entretien accordé à notre confrère « la Patrie News », qu’un combat pour la liberté et la dignité vaut tous les sacrifices. Dans l’entretien exclusif qu’il a accordé à notre confrère grâce à la précieuse aide de son épouse Claude Mangin- Asfari, il a analysé de façon brillante l’actuelle phase de dialogue à l’Ambassade US de Madrid. Il estime que les Américains se servent du Maroc, qu’ils ont plus besoin de l’Algérie et du Sahara occidental que du royaume chérifien. Il estime que la victoire du peuple sahraoui est proche et immuable. «Toute la politique des Américains vis-à-vis des Marocains est beaucoup plus tacticienne que stratégique ». « Ce processus, certes long et laborieux, prépare l’indépendance des Sahraouis dans le futur. Les intérêts économiques au Maghreb sont en Algérie et au Sahara occidental, pas au Maroc », a-t-il affirmé, ce qui met en berne l’optimisme et le discours triomphateur du Maroc. Dans cet entretien, il rappelle que la détermination des militants sahraouis face à l’arbitraire a fragilisé la position de l’occupant marocain. « Le Maroc est affaibli plus que jamais en ce qui concerne l’épineux dossier des prisonniers politiques. Il n’a rien gagné, n’a rien fait de bon dans le territoire occupé du Sahara occidental depuis une bonne cinquantaine d’années ». « Notre destin est lié à l’évolution des négociations en cours”. Le Maroc a essayé de nous détruire psychiquement. Or, au finish, c’est nous qui avons gagné, même sur ce plan. Pour moi, quinze ans de prison pour cette cause, c’est comme une année, un mois, un jour. Surtout quand on est convaincus que la victoire est au bout du chemin », a-til rappelé.

« Je sais que le polisario gardera le cap »
À propos de la rencontre à l’ambassade des USA à Madrid, il fera remarquer que même s’il ne disposait pas de l’ensemble des éléments, pour analyser correctement cette brusque accélération des évènements, « en revanche, je vois clairement que les Américains euxmêmes n’ont pas de solution apparente. À mon sens, ils continuent à maintenir et à gérer le statu quo en faisant semblant de régler cette évidente et simple question de décolonisation. Pour ma part, j’ai toute la confiance en les capacités du Polisario, de l’Algérie, de tous les amis sincères de la cause sahraouie, de s’adapter à toutes les situations et défis nouveaux qui viendraient à nous être posés et imposés. Je sais que le Polisario gardera le cap sur ce qui est stratégique pour nous. Il s’agit, en priorité, de résister à toutes les formes de pression pouvant être exercées sur nous. Et, en même temps, de rester fermement attachés à notre droit à l’autodétermination. Pour le reste, je reste convaincu qu’il n’existe aucune analyse ou donnée solide qui permette de supposer que les Américains seraient à 100 % avec les Marocains. Ma réponse est non. Catégoriquement non. Toute la politique des Américains vis-àvis des Marocains est beaucoup plus tacticienne que stratégique. Cela me pousse à supposer qu’actuellement, les Américains font pression sur les autres parties pour arriver à une solution définitive à cette question. Une solution qui garantisse, in fine, l’autodétermination du peuple sahraoui. Cela, en passant par une phase de transition ou d’autonomie. C’est une sorte de renouvellement ou d’actualisation du plan Baker », a–t-il précisé. À propos du plan Baker, rejeté par le Maroc, Naâma Asfari dira que ni le Polisario, ni l’Algérie, n’ont intérêt à ce que le Maroc soit déstabilisé et sombre dans le chaos. « Donc, avec l’aide et l’assentiment du Polisario et de l’Algérie, les Américains accordent cette autonomie pour assurer une transition pacifique de cinq à dix ans au Maroc. Ce processus, certes long et laborieux, prépare l’indépendance des Sahraouis dans le futur. La suite des évènements va dépendre totalement de l’évolution des négociations en cours », a-t-il souligné. Il ne manquera pas, au cours de son entretien, d’évoquer le combat des militants sahraouis détenus dans les geôles marocaines, en affirmant qu’une guerre de libération se mène et se gagne sur divers fronts, et par plusieurs troupes.

« Le Maroc affaibli par le dossier des prisonniers »
« Eh bien, je crois qu’en ce qui concerne les prisonniers politiques sahraouis, cette bataille est en passe d’être largement remportée. Le Maroc est plus affaibli que jamais en ce qui concerne l’épineux dossier des prisonniers politiques. Depuis une bonne quinzaine d’années, le Maroc reconnait implicitement que les combats des prisonniers politiques et des Sahraouis dans le territoire occupé ont été largement remportés par nous. Le Maroc n’a rien gagné, n’a rien fait de bon dans le territoire occupé qu’il occupe depuis 50 ans. Notre position maintenant est traitée sur le plan politique au niveau de ces négociations en cours. Les détenus politiques font partie des priorités mises en avant par le Front Polisario dans ses actuelles négociations. Notre destin est lié à l’évolution de ces négociations. Du moins, pour les quelques mois à venir. En attendant d’y voir plus clair. Le Maroc a essayé de nous détruire psychiquement. Or, au finish, c’est nous qui avons gagné, même sur ce plan. Car nous sommes pleinement ancrés sur le plan de la résistance, et de la lutte de libération nationale. Nous ne sommes pas engagés dans un plan chronologique et temporel classique. Pour moi, quinze ans de détention font partie de cinquante ans de lutte du peuple sahraoui. Nous n’avons pas la même définition du temps. Quand on lutte pour une cause qui, aujourd’hui, est discutée au niveau des Nations unis, à divers et hauts niveaux internationaux, lorsque cette noble et juste cause, dont nous sommes d’humbles militants, est prise en compte par les plus grandes puissances de la planète, il est évident que nous tenons en main l’horloge du temps. Nous maîtrisons pleinement la définition de notre temps, de son écoulement. Dans ce cas précis, je l’appelle « Temps du combat national », a-t-il souligné.
Synthèse Slimane B.

Article précédentC’EST TOUT À L’HONNEUR DE NOTRE PAYS : La Protection civile 10e meilleur service au monde
Article suivantGAFI : L’Algérie en voie de quitter la liste grise