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Ligue des champions Africaine : Le Doyen renaît de ses cendres

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Dans une nuit algéroise incandescente, transcendée par une ferveur populaire rare, le MC Alger a renoué avec ses grandes heures africaines. Devant un stade Ali Ammar plein à craquer, transformé en véritable chaudron, le Doyen a dominé les Soudanais d’Al-Hilal (2-1) et s’est offert le droit de rêver à une qualification historique en quarts de finale de la Ligue des champions. Un succès forgé dans l’intensité, la rigueur tactique, mais surtout dans une communion exceptionnelle entre l’équipe et ses supporters, dont l’impact s’est révélé déterminant.

Dos au mur après un début de phase de poules délicat, le Mouloudia d’Alger n’avait plus le droit à l’erreur. La victoire décrochée face au St-Eloi Lupopo avait certes ravivé l’espoir, mais seul un nouveau succès contre Al-Hilal pouvait redonner toute sa dimension au rêve africain. Dans un stade plein à craquer, chauffé à blanc dès l’échauffement, les Vert et Rouge ont puisé une énergie supplémentaire dans un public inlassable, créant une pression constante sur l’adversaire et poussant son équipe vers une performance de très haut niveau.

Dès l’entame de la rencontre, les hommes de Rhulani Mokwena affichent leurs intentions. Le pressing est intense, les duels sont gagnés et le rythme élevé. Chaque récupération de balle est saluée par une clameur, chaque offensive algéroise portée par une vague sonore impressionnante. Le MCA étouffe progressivement son adversaire, contraint de reculer sous la double pression du jeu et de l’ambiance. À la 13e minute, une première alerte est donnée par Benhaoua, avant que le stade n’explose quelques instants plus tard. À la 15e minute, la délivrance arrive. Profitant d’une sortie hésitante du gardien soudanais, Ferhat sert Anatouf qui conclut avec sang-froid. Le stade Ali Ammar se transforme alors en véritable volcan. Les chants, les sifflets et les encouragements créent une atmosphère suffocante pour les visiteurs, visiblement perturbés par cette pression permanente. Ce premier but agit comme un détonateur : le MCA monte encore d’un cran, tandis qu’Al-Hilal peine à retrouver ses repères.

Galvanisés par cette ouverture du score, les Algérois poursuivent leur domination. Ferhat multiplie les tentatives, Abdellaoui frôle le cadre, Gassi et Zougrana apportent leur soutien offensif. Mais au-delà de la qualité du jeu, c’est l’impact psychologique du public qui impressionne. Chaque touche de balle soudanaise est accueillie par une bronca assourdissante, chaque ballon récupéré par le MCA déclenche une vague d’enthousiasme, installant un climat pesant pour les visiteurs.

Ferhat, l’artiste au rendez-vous

Juste avant la pause, la domination algéroise est logiquement récompensée. Sur une ouverture inspirée de Boukholda, Ferhat élimine son vis-à-vis et enroule une frappe somptueuse en pleine lucarne. Un chef-d’œuvre qui provoque une explosion de joie dans les tribunes. À ce moment précis, l’impression est nette : Al-Hilal est sonné, dépassé autant par l’intensité du jeu que par l’environnement hostile.

Au retour des vestiaires, le scénario change. Les Soudanais tentent de se révolter, multipliant les incursions dans le camp mouloudéen. Mais la défense algéroise, solide et disciplinée, tient bon. Porté par un public qui ne cesse de pousser, le MCA résiste avec caractère. Même lorsque la réduction du score intervient à la 77e minute, le soutien ne faiblit pas. Les tribunes redoublent d’ardeur, transformant les dernières minutes en un combat collectif, où joueurs et supporters livrent ensemble la bataille finale.

Une ambiance qui fait la différence

Si le spectacle fut total sur la pelouse, il le fut tout autant dans les gradins. Les Chnaoua ont livré une prestation digne des plus grands soirs africains. Chants ininterrompus, chorégraphies, sifflets synchronisés et encouragements constants ont installé une pression considérable sur les joueurs d’Al-Hilal. Une influence que l’entraîneur soudanais n’a d’ailleurs pas manqué de souligner avec admiration : « Ce ne sont ni les joueurs du Mouloudia ni Mokwena qui nous ont battus, ce sont les supporters. Aucune équipe ne peut gagner ici dans une ambiance pareille. Je n’avais jamais rien vu de tel dans les tribunes, le Mouloudia possède des supporters extraordinaires. »

Un hommage rare dans le football africain, qui illustre parfaitement le rôle central joué par le public dans ce succès. Dans cette enceinte transformée en chaudron, chaque joueur algérois semblait décupler ses forces, tandis que l’adversaire peinait à se libérer de cette pression constante.

Seul bémol dans cette soirée parfaite : l’organisation de l’entrée au stade. De nombreux supporters ont dénoncé une gestion confuse, marquée par des files d’attente interminables, un manque de fluidité et de coordination très grave. Une situation paradoxale, d’autant plus surprenante que les précédentes rencontres, disputées également à guichets fermés, s’étaient déroulées dans des conditions bien meilleures.

Jeunesse, discipline et ambition

Sur le plan sportif, cette victoire met en lumière l’éclosion de jeunes talents prometteurs. Anatouf, auteur de l’ouverture du score, et Yakoub Gassi, impérial défensivement à seulement 19 ans, symbolisent ce renouveau. Ce dernier a livré une prestation de haut niveau face à l’ailier burundais Jean Claude Girumugisha, totalement muselé. Leur rendement confirme que l’avenir du football algérien repose sur une formation sérieuse et durable.

Rhulani Mokwena, satisfait, a salué l’engagement de ses joueurs : « Nous avons réalisé une excellente prestation et avons été tactiquement exceptionnels. Les joueurs ont suivi les consignes à la lettre. Il est très difficile de contrôler une équipe comme Al-Hilal, et nous avons affronté l’adversaire le plus prolifique du groupe. »

Grâce à ce succès, le MCA grimpe à la deuxième place avec sept points. La qualification se jouera lors d’un déplacement périlleux en Afrique du Sud face aux Mamelodi Sundowns. Un ultime défi, qui nécessitera la même abnégation, la même rigueur, et, surtout, le même esprit collectif.

Dans une nuit où le peuple vert et rouge a fait corps avec son équipe, le MC Alger a retrouvé son identité et sa grandeur africaine. Reste désormais à transformer cette ferveur en exploit continental.

Mohamed Amine Toumiat

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