Les participants à la 10e édition des Assises nationales des commissaires aux comptes ont convenu que cette profession joue désormais un rôle stratégique dépassant le simple contrôle comptable.
Ils ont souligné que le commissaire aux comptes est devenu un acteur central dans l’évaluation et la prévention des risques de blanchiment d’argent, dans un contexte où l’approche adoptée a évolué d’un dispositif essentiellement répressif vers un système global de gouvernance, fondé sur l’anticipation, la conformité et la coopération institutionnelle.
Dans ce cadre, le président de la CNCC, Mohamed Yahiaoui, a affirmé que l’Algérie dispose des capacités nécessaires pour sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), et ce «dans les plus brefs délais », en s’appuyant sur la formation continue, la lecture unifiée des textes législatifs, les recommandations de la GAFI ainsi que l’unification des méthodes de contrôle proactives. De son côté, le directeur général (DG) de l’École Supérieure de la Magistrature (ESM), Abdelkrim Djadi, a expliqué que le rôle du commissaire aux comptes est en pleine expansion, puisqu’il ne se limite pas à la certification des états financiers et à la vérification de la conformité des opérations aux normes comptables, mais qu’il est désormais tenu d’évaluer les risques de blanchiment d’argent, d’analyser les opérations économiques et de détecter les transactions inhabituelles ou économiquement non justifiées. Le DG de l’ESM a également mis en avant les défis auxquels font face les professionnels du secteur, notamment ceux liés à la complexité des opérations financières, à l’utilisation des structures transfrontalières et à la nécessité de distinguer entre le secret professionnel et l’obligation de déclaration, appelant à la numérisation des canaux de déclaration et au renforcement de la coopération entre l’ensemble des parties concernées. Pour sa part, Maya Sahli-Fadel, professeure de droit à l’Université d’Alger, a mis en avant l’existence d’un arsenal juridique permettant à l’Algérie de sortir de la liste grise de la GAFI, à condition d’intensifier les efforts et de coordonner les actions et les visions entre les différents acteurs. Les assises nationales ont également été marquées par la présentation du « Livre blanc », élaboré par la Chambre, visant à contribuer à la sortie de l’Algérie de la liste grise.
Sarah O.












































