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Yémen : le pouvoir accepte une ultime proposition de paix de l’ONU

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Le pouvoir au Yémen a accepté dimanche une ultime proposition de l’ONU pour mettre fin à un conflit dévastateur mais les rebelles et leurs alliés restent sur une attitude de défi avec une tentative d’incursion meurtrière en Arabie saoudite voisine.

La proposition satisfait de manière générale aux demandes du gouvernement, soutenu politiquement et militairement par l’Arabie saoudite sunnite, et reprend plusieurs points de la Résolution 2216 du Conseil de sécurité. Il s’agit notamment du retrait dans un délai 45 jours des rebelles chiites Houthis, qui ont le soutien de l’Iran, des zones occupées depuis 2014, dont la capitale Sanaa, la restitution des armes lourdes à l’armée, la levée du siège des villes et la libération des détenus.
L’accord du gouvernement à ce plan est intervenu après une réunion à Ryad présidée par le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite mais considéré comme l’autorité légitime par la communauté internationale. « La réunion (de Ryad) a approuvé le projet d’accord présenté par les Nations unies et qui appelle à une cessation du conflit armé et au retrait » des rebelles de Sanaa et d’autres villes qu’ils occupent, a indiqué un communiqué du gouvernement. Mais ce dernier a posé comme condition que les rebelles et leurs alliés -les forces loyales à l’ex-président Ali Abdallah Saleh- signent l’accord d’ici le 7 août.
L’acceptation a été donnée, selon les milieux politiques yéménites, après d’intenses pressions de l’allié saoudien qui cherche à mettre au pied du mur les rebelles et à prouver au monde que ceux-ci ne veulent pas la paix.

Saleh contre Hadi
Samedi, le gouvernement avait menacé de quitter définitivement les négociations à Koweït qui n’ont enregistré aucun progrès depuis avril, avant de se résigner, sur demande de l’ONU, à les prolonger d’une semaine.
Les rebelles n’ont toujours pas réagi au plan de l’ONU. Toutefois, leur porte-parole Mohammed Abdelsalam avait écrit samedi sur Twitter, avant l’annonce du gouvernement, que les Houthis insistaient pour une solution complète impliquant un partage du pouvoir. Le même jour, les rebelles ont monté une incursion massive dans le sud de l’Arabie saoudite en dépit d’une trêve annoncée en avril mais plusieurs fois violée. Les combats ont coûté la vie à sept soldats saoudiens et entraîné une intervention d’envergure de l’aviation saoudienne qui a fait des « dizaines de morts » dans les rangs des assaillants, selon la coalition militaire arabe conduite par Ryad au Yémen.
Poussé en 2012 au départ après une révolte populaire, M. Saleh, a réuni dans la nuit à Sanaa le bureau politique de son parti pour contester une fois pour toutes la « légitimité » de M. Hadi. « L’accord stratégique (avec les Houthis) pour mettre en place le Conseil supérieur est intervenu pour combler le vide politique avec la fin de la légitimité de Hadi et sa fuite du pays », a-t-il dit. « Ce Conseil va gouverner le pays en tant qu’instance présidentielle conformément à la Constitution et aux lois en vigueur ».

Scepticisme
Or, l’abolition de cet accord est l’un des points du dernier plan de l’ONU ainsi que la suppression de toutes les décisions prises par les rebelles depuis leur occupation Sanaa, selon le chef de la diplomatie Abdelmalek al-Mikhlafi. Si les rebelles acceptent le plan de l’ONU, un dialogue politique entre les factions débutera 45 jours après leur retrait des zones qu’ils occupent et la restitution des armes lourdes, une perspective plus que jamais incertaine, selon les milieux politiques. Ceux-ci restent en conséquence sceptiques sur la fin d’un conflit qui a fait plus de 6.400 morts et déplacé 2,8 millions de personnes selon l’ONU.
Le pays est en proie au chaos depuis une offensive majeure des Houthis, issus de l’importante minorité chiite zaïdite, qui ont déferlé en 2014 de leur fief de Saada (nord) occupant de vastes pans du territoire dont Sanaa.
Affirmant chercher à contrer l’influence du grand rival chiite iranien accusé malgré ses démentis d’armer les Houthis, l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition militaire arabe pour aider le pouvoir de M. Hadi face aux rebelles qui contrôlent toujours, outre, Sanaa, d’importantes régions du nord. Profitant du conflit, les jihadistes d’Al-Qaïda et du groupe Etat islamique (EI) ont renforcé leur présence dans ce pays pauvre de la péninsule arabique.

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