Le Mouvement dynamique des Algériens en France (MOUDAF) prend acte avec gravité, responsabilité et engagement du vote historique de l’Assemblée populaire nationale algérienne consacrant la criminalisation de la colonisation. Ce vote n’est ni un acte de rupture, ni une démarche de revanche. Il constitue avant tout un acte de souveraineté mémorielle, un geste politique fort, et une clarification historique nécessaire.
Une loi pour dire le droit et la vérité
La colonisation de l’Algérie ne fut pas un simple fait historique neutre. Elle fut un système structuré de domination, fondé sur la dépossession des terres, la négation de l’identité, les massacres de masse, la répression, la torture, les crimes environnementaux et humains, ainsi que la destruction méthodique du tissu social algérien. En qualifiant juridiquement cette période de crime, l’Algérie ne réécrit pas l’histoire. Elle la nomme, conformément aux faits, aux archives et aux témoignages.
Une démarche pédagogique, pas hostile
Le MOUDAF tient à le rappeler clairement : Cette loi n’est pas dirigée contre le peuple français. Elle ne vise ni la jeunesse française ni les relations humaines, culturelles et sociales entre les deux peuples. Elle s’adresse à l’État colonial, à ses structures et à ses responsabilités historiques. Reconnaître un crime n’est pas rompre le dialogue. Refuser de le nommer empêche toute réconciliation sincère.
Une attente légitime : reconnaissance, excuses et réparation
Le MOUDAF soutient pleinement l’exigence algérienne de reconnaissance officielle des crimes coloniaux, d’excuses claires et sans ambiguïté, de réparations morales, symboliques et matérielles lorsque celles-ci sont dues, ainsi que la restitution des archives, des biens et des restes humains. Ces demandes ne sont ni excessives, ni isolées. Elles s’inscrivent dans une dynamique internationale de justice historique.
Le rôle de la communauté algérienne vivant à l’étranger, et notamment en France
En tant que mouvement ancré au sein de la communauté algérienne vivant à l’étranger, et notamment en France, le MOUDAF affirme que cette communauté n’est ni neutre ni silencieuse. Elle est porteuse de mémoire, de dignité et de continuité historique. Elle a le devoir d’expliquer, de transmettre et de défendre la position de l’Algérie. Notre engagement s’inscrit dans l’esprit du 1er Novembre 1954, fait de vérité, de dignité et de souveraineté.
Pour une relation franco-algérienne adulte et apaisée
Le MOUDAF reste convaincu qu’aucune relation saine et durable entre l’Algérie et la France ne peut se construire sur le déni. La paix des mémoires exige du courage politique. Le respect mutuel commence par la reconnaissance des faits. Il n’y a pas de futur commun durable sans vérité sur le passé.
Conclusion
Le MOUDAF soutient pleinement la démarche de l’Assemblée populaire nationale. Il salue un acte politique de courage et de cohérence historique. Il appelle la communauté algérienne vivant à l’étranger, et notamment en France, à assumer pleinement son rôle pédagogique et politique. Il réaffirme que la mémoire n’est pas un fardeau, mais un socle. La mémoire n’oppose pas. Le déni, en revanche, divise.
Mouvement Dynamique des Algériens en France












































