Le chef de la diplomatie russe est revenu sur la visite à Moscou, ébruitée par voie de presse, d’un conseiller du président français, Emmanuel Macron qui aurait réclamé une place pour les Européens à la table des négociations autour du conflit ukrainien. Une visite qui « n’a rien apporté de nouveau », a indiqué Sergueï Lavrov, ministre des affaires étrangères de Russie, animant mardi, une conférence de presse.
Il a indiqué aux médias russes et étrangers que «lors de ces échanges à huis clos, nous n’avons rien entendu qui n’ait déjà été dit publiquement par Paris » a lancé le ministre Lavrov lors de cette conférence de presse tenue après ses discussions avec son homologue kenyan Musalia Mudavadi, en visite à Moscou, en réponse à une question sur le rejet d’une proposition portée par des diplomates quant à une participation européenne aux négociations sur l’Ukraine. Une proposition faite, pour rappel, lors d’un déplacement à Moscou, début février, d’Emmanuel Bonne et de Bertrand Buchwalter. L’information avait été ébruitée début février dernier, par l’hebdomadaire français L’Express, qui présentait une France qui « tente ainsi de rester dans le jeu », concernant le conflit ukrainien, lequel est exclusivement sur la table des discussions exclusivement entre Moscou et Washington. Or, à en croire le Financial Times (FT), citant des sources proches du dossier, cette requête portée par le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron « aurait été rejetée sans ambages » par son homologue russe Iouri Ouchakov. « Lorsque le représentant de la France est venu, il n’a apporté aucun signal positif ». Par conséquent, pour le responsable russe, « il n’y avait vraiment rien de bon à entendre », a déclaré au quotidien britannique le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « pour Moscou «la France trahit l’héritage du général de Gaulle », a-t-il déclaré et adopte, en réalité, a-t-il poursuivis « la même attitude de complaisance que le régime de Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale » affirme Moscou. « C’est un problème extrêmement grave », a estimé Sergueï Lavrov, évoquant le soutien français » à cette Ukraine qui peine, depuis des années, à cacher le néo-nazisme de ses nationalistes et éléments de ses forces armées. » a-t-il tenu à souligner
Pour Moscou « la diplomatie française, une parole qui n’a plus de valeur »
« Soit dit en passant, ce sont les Français eux-mêmes qui ont proposé et demandé cette rencontre, en souhaitant qu’elle reste confidentielle » a affirmé Lavrov, mais au final, poursuit-il « comme vous le comprenez, ce sont eux-mêmes qui ont fait fuiter cette information », a taclé le chef de la diplomatie russe. Depuis l’éclatement du conflit en Ukraine, » la France a pris fait et cause pour Kiev, lui fournissant notamment plusieurs milliards d’euros d’aide militaire, dont des missiles SCALP utilisés pour frapper le territoire russe, tout en répétant ne pas être cobelligérante ». Le président français s’est par ailleurs illustré, ces deux dernières années de conflit, en brandissant, pour rappel, à plusieurs reprises un possible envoi de troupes occidentales en Ukraine. Avant même février 2022, les accords de Minsk, dont la France fut l’un des garants, n’auraient — à en croire les déclarations de l’ex-chancelière allemande Angela Merkel confirmées par l’ancien président français François Hollande — « servi qu’à donner du temps à Kiev pour se renforcer militairement » avait déclaré Angela Merkel. Un comportement déjà observé huit ans plus tôt, lorsque l’accord signé entre l’opposition ukrainienne et le président d’alors Viktor Ianoukovitch et trois ministres européens, parmi lesquels Laurent Fabius, alors à la tête du Quai d’Orsay, « avait été piétiné » après le coup d’État de Maïdan.
R.I.














































