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« VICTIMES DE LA CONCURRENCE DÉLOYALE DES VTC » : La Coordination des taxis porte l’affaire devant l’ARPCE

La Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger estime que les opérateurs des applications VTC (Voiture de transport avec chauffeur) profitent de l’absence des textes les réglementant pour « exercer parallèlement » et enfreindre les mesures sanitaires et de confinement en vigueur.

Techniquement, les taxis (collectifs et individuels) sont en arrêt de travail depuis début mars dernier, date de la mise en application du décret portant des mesures destinées à endiguer la propagation du coronavirus dans le pays.
Mais au-delà de cette mesure qui oblige les taxieurs à rester chez eux en ne leur laissant aucun autre choix, les plateformes des VTC prolifèrent sur le marché et continuent « à transporter des citoyens clandestinement, en exerçant une activité parallèle à celle de chauffeur de taxi ». « Selon les dispositions du décret exécutif n° 20-70 du 29 Rajab 1441 correspondant au 24 mars 2020 fixant les mesures complémentaires de prévention et de lutte contre la propagation du Coronavirus (Covid-19), notamment l’article 14 relatif à la suspension des moyens de transport de personnes qui est étendue aux taxis individuels, les plateformes en ligne de transport des personnes continuent à usurper la qualité de chauffeur de taxi (clandestinement), tout en ignorant les mesures sanitaires et les instructions du président de la République », a constaté la Coordination des chauffeurs de taxi de la wilaya d’Alger, dans un communiqué.
C’est ainsi que ce syndicat professionnel – affilié à l’UGTA – a déposé une plainte auprès de l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE), pour prendre des mesures conservatoires et faire appliquer la loi. Il s’agit aussi, pour ce syndicat, de dénoncer une « transgression flagrante de la part de ces opérateurs qui s’emparent, avec des méthodes frauduleuses, de notre métier ».
Au début de cette semaine, la Coordination des chauffeurs de taxi a adressé des correspondances aux ministères du Transport, du Commerce, de la Poste et des Télécommunications, de la Santé, ainsi qu’à la wilaya d’Alger via le président de la cellule de crise, la Direction générale de la Sûreté nationale, pour « une intervention en urgence des autorités pour suspendre et brouiller ces applications », qu’ils accusent de « concurrence déloyale », vu « les pertes et préjudice qu’elles font subir aux chauffeurs de taxi activant légalement ».  Mais, « pour l’instant, nous n’avons reçu aucune réponse de ces autorités », nous a confié, hier, Sid Ali Aït Hocine, membre du bureau de cette coordination, contacté à ce sujet.
Si les taxis ont choisi aujourd’hui la voie de l’ARPCE, c’est pour espérer une intervention « en urgence pour bloquer ces applications qui provoquent le mécontentement des chauffeurs de taxi, en leur qualité de seuls détenteurs de ce métier et du droit de transporter des gens ». « Ces opérations activent sur la base d’un  registre du commerce délivré par le ministère du Commerce. En plus des dommages et préjudices causés au Trésor public en n’étant soumis à aucun cahier des charges, ces plateformes peuvent être sources de dépassements parfois même criminels. Car personne ne peut attester de la sécurité de ces véhicules qui ne sont soumis à aucune enquête sécuritaire comme c’est le cas pour les chauffeurs de taxi ordinaires », argumente Sid Ali Aït Hocine.
Le coordinateur de ce syndicat professionnel ajoute que les chauffeurs de taxi envisagent également de porter plainte auprès du tribunal de Sidi-M’hamed d’Alger. « Nous nous attendions à être invités à une réunion avec le ministère du Transport prévue demain [aujourd'hui, NDLR]. Rien n’est encore sûr. Mais si les autorités continuent à nous faire la sourde oreille, nous irons au tribunal. Nous ne nous tairons pas sur nos droits. C’est une action que l’on envisage après la fin de cette période de confinement », a-t-il expliqué.
Au bout du rouleau à cause de plusieurs semaines d’arrêt de travail, les chauffeurs de taxi militent pour un véritable soutien de l’État en cette période très critique. « Nous ne voulons pas être une charge pour les autorités en cette période de crise économique. Nous demandons juste des rabattements fiscaux pour que le chauffeur de taxi puisse vivre ces jours-ci et aussi des aides alimentaires chaque semaine puisque on est obligé d’arrêter de travailler. À défaut, on réclame des facilitations pour l’octroi de crédits bancaires », a conclu comme revendication Sid Ali Aït Hocine.
Hamid Mecheri