Accueil Edito Un secteur qui revient de loin 

Un secteur qui revient de loin 

0

L’Algérien en a gardé des séquelles. Comme cette fausse image incrustée dans son inconscient. Vous l’aurez compris, il s’agit du rapport de l’Algérien à l’agriculture. Dépossédé, exproprié, spolié, éloigné de ses terres par le colonialisme, l’agriculteur algérien avait été anéanti. De plus, et durant les premières années de l’Indépendance, des erreurs ont été commises. Comme l’implantation des usines dans des régions à vocation agricole. Cela a eu pour effet de détourner l’intérêt des jeunes algériens du travail de la terre au profit de l’industrie « moins salissante ». Ce qui explique l’état de dépréciation de l’agriculture. L’énorme défi, que s’est fixé le président Abdelmadjid Tebboune, dès son élection en 2019, était non seulement de réhabiliter le secteur mais aussi d’œuvrer pour substituer ses revenus à ceux des hydrocarbures. Il faut avouer que le pari était plus qu’audacieux. Méthodiquement, par touches successives et en quelques années, ce qui paraissait impossible est devenu un enjeu à portée de main. L’agriculture arrive en tête de la diversification de l’économie. Elle a rendu l’autosuffisance alimentaire possible et emploie près de 3 millions de personnes. La réunion, que le Chef de l’État a présidée lundi dernier sur la mécanisation agricole, traduit une avancée significative du redressement de l’Agriculture dans notre pays. Tout comme elle fait suite à la décision du président de la République, lors du dernier Conseil des ministres du 11 janvier dernier, de fixer « l’extension de la surface agricole cultivée à 3 millions d’hectares ». C’est deux fois plus que la surface actuelle. Si l’on y ajoute l’objectif « d’accroître le rendement », on comprend mieux la nécessité de passer à la mécanisation. Comme on comprend la décision de la « création de coopératives spécialisées dans la location de matériel agricole » pour faciliter l’adhésion massive des agriculteurs. Mais avant ces étapes, rappelons qu’il a été nécessaire de procéder au recensement général de l’Agriculture, pour échapper aux statistiques fantaisistes. Il a fallu également ordonner aux banques de s’ouvrir aux crédits au profit des agriculteurs. Comme il a fallu procéder à l’électrification des exploitations agricoles et, partant, à l’irrigation. Il y a eu également le foncier agricole qui est en voie de finalisation. Sans oublier l’implication des universités algériennes dans la recherche et l’innovation agricole. Les moyens attractifs ne manquent pas pour « réconcilier » la jeunesse algérienne avec la terre (matériels agricoles confortables, aides diverses et variées, start-up, etc.). Le développement de l’agriculture saharienne qui « nargue » les puits de pétrole annonce la fin d’une dépendance. Avec, en plus la sécurité alimentaire et l’exportation du surplus. À ce rythme de modernisation et dotée d’une surface agricole totale de plus de 48 millions d’hectares, l’Algérie redeviendra, non seulement le grenier de l’Europe, mais celui d’une bonne partie de la planète. On peut dire que notre agriculture revient de loin !

Zouhir Mebarki      

Article précédentDOHA : Chengriha s’enquiert des dernières technologies de défense maritime
Article suivantLE MINISTRE DE L’AGRICULTURE, YACINE EL-MAHDI OUALID :  « Ces mesures auront un impact considérable »