The Endless River : le dernier Pink Floyd après 20 ans d’absence

Après un long silence de 20 ans, le légendaire groupe britannique lance, lundi, un quinzième et dernier album, la «rivière sans fin», ultime chant qui ne devrait pas déstabiliser leurs fidèles, puisqu’il est presque exclusivement instrumental. Vingt ans après leur dernier album, Pink Floyd sort le 10 novembre The Endless river, recueil d’enregistrements anciens mais inédits, en guise de point final. Si le titre, «La rivière sans fin», suggère l’infini, il s’agit bien du dernier disque du groupe, promet son guitariste David Gilmour, 68 ans, à l’origine du projet avec son vieux complice à la batterie, Nick Mason.
Voulu comme un hommage au claviériste Rick Wright, décédé d’un cancer en 2008, l’album s’appuie sur les chutes et ébauches des sessions d’enregistrement de The Division Bell, sorti en 1994. Ce dernier devait au départ être un double-album avec une partie instrumentale. Mais faute de temps, le matériel est resté dans les placards, jusqu’à ce que Gilmour et Mason décident, il y a deux ans, de le ressortir, ajouter «quelques guitares par-ci, un peu de batterie par-là» et réenregistrer plusieurs morceaux.
Musicalement, le disque ne déstabilisera pas les fans de toujours au risque de refroidir de nouveaux amateurs, faute de morceaux rapidement accessibles. Découpé en quatre parties, et quasiment exclusivement instrumental à part le conclusif Louder Than Words, chanson déjà diffusée depuis quelques semaines, The Endless River met en vedette la musique de Pink Floyd et rien que la musique.

Préventes records
Soit un dialogue mille fois réinventé entre les synthés polymorphes de Rick Wright et les guitares aériennes de David Gilmour. Le disque débute ainsi par une intro planante uniquement au clavier (Things Left Unsaid) avant de nous embarquer sur cette «rivière sans fin» qui, pendant un peu plus de 50 minutes, va nous promener dans des paysages sombres ou plus luxuriants. Une dernière croisière qui s’avère tantôt calme (Ebb and Flow), tantôt plus tumultueuse (Sum, Allons-y, en français dans le titre). L’album ramène souvent aux années 90, époque de l’enregistrement de ces bandes, mais peut aussi évoquer les années 80 quand surgit un saxophone vintage sur Anisina, ou nous attirer vers le futur avec les dissonances synthétiques de Calling.
Le tout se déploie avec élégance, même si certains regretteront sans doute que les voix soient à ce point absentes, reléguées à la chanson finale, dont les paroles ont été écrites par Polly Samson, la femme de David Gilmour, si on excepte la petite apparition de celle de Stephen Hawking. Même réchauffé, The Endless River est très attendu et est devenu dès le 22 octobre l’album en pré-vente le plus acheté de l’année sur Amazon. L’enthousiasme est tel que certains pensaient que Roger Waters, qui a quitté le groupe il y a déjà 29 ans, était de nouveau de la partie. Le bassiste, qui sort d’une tournée de trois ans avec l’opéra-rock «The Wall», l’oeuvre la plus célèbre de Pink Floyd, a même dû se fendre d’un communiqué sur sa page Facebook pour rappeler tout le monde à la raison. «Je n’ai rien à voir avec Endless River. Pff, ça n’a rien de sorcier quand-même les gars, ressaisissez-vous», a-t-il insisté, énervé.

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