L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé la suspension des opérations d’évacuation médicale des patients de la bande de Ghaza vers l’Égypte, via le point de passage de Rafah, et ce jusqu’à nouvel ordre. Cette décision intervient après la mort d’un contractuel de l’organisation, tué lundi lors d’un incident sécuritaire impliquant des tirs attribués aux forces israéliennes.
Dans une déclaration publiée sur la plateforme X, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait part de sa « profonde consternation » après la confirmation du décès de cet employé. Il a précisé que deux autres membres du personnel de l’organisation étaient présents au moment de l’incident, mais n’ont pas été blessés. Selon les informations disponibles, des tirs directs ont visé un véhicule de l’OMS ainsi qu’un véhicule civil, causant la mort d’une personne et faisant quatre blessés. À la suite de cet événement, l’organisation a immédiatement suspendu ses opérations d’évacuation médicale, déjà extrêmement limitées dans un contexte décrit par de nombreux observateurs comme un génocide silencieux, marqué par l’effondrement progressif des infrastructures vitales et l’entrave à l’accès aux soins. Cette suspension aggrave encore une situation humanitaire critique. Les évacuations médicales, bien que déjà rares et difficiles à organiser, représentaient l’un des derniers recours pour les blessés graves, les patients atteints de maladies chroniques et les malades du cancer. Leur interruption prive désormais ces personnes d’une possibilité de traitement hors du territoire.
Le point de passage de Rafah demeure en effet l’unique porte de sortie pour les habitants de Ghaza sans passer par les territoires sous contrôle israélien. Or, depuis que l’armée israélienne a pris le contrôle du côté palestinien du passage en mai 2024, celui-ci reste fermé de manière quasi permanente, limitant drastiquement la circulation des personnes et des aides humanitaires. Dans son communiqué, Tedros Adhanom Ghebreyesus a salué le courage des équipes humanitaires qui continuent d’opérer « jour et nuit malgré les risques » afin de garantir un accès minimal aux soins pour la population. Il a également appelé à la protection des civils et des travailleurs humanitaires, rappelant que « la paix est le meilleur des remèdes ».
Sur le terrain, les habitants de Ghaza font face à une dégradation dramatique de leurs conditions de vie. Le système de santé, déjà fragilisé, est aujourd’hui proche de l’effondrement total, incapable de répondre aux besoins croissants d’une population meurtrie par les violences, les pénuries et l’isolement.
La suspension des évacuations médicales apparaît ainsi comme un symbole supplémentaire de l’asphyxie progressive du territoire, où l’accès aux soins devient un privilège inaccessible pour la majorité, dans un contexte humanitaire qui continue de se détériorer jour après jour.
M. S.










































