A nos frontières Sud, il n’y a pas que la contrebande et le terrorisme. « Nos zones frontalières sont les premières zones de contact avec ce phénomène (invasion des criquets NDLR) » note le dernier Conseil des ministres. Ce qui veut dire que si la FAO identifie des criquets « italien », « marocain », « australien », « égyptien », le criquet propre à notre pays n’existe pas. Nous faisons face régulièrement à des invasions de criquets pèlerins venus d’ailleurs. Ce qui veut dire aussi que, partant de cette particularité, la protection de notre territoire de ces ravageurs et la préservation de nos récoltes, doivent faire partie d’un plan durable. Notamment à cette période de reproduction (entre l’hiver et le printemps) du criquet-pèlerin dans le Nord de l’Afrique. Dans la région du Sahel la période diffère. Elle court de juillet à septembre. Ce qui nous oblige à une vigilance de tous les instants. Les dégâts que peut causer ce « ravageur migrateur le plus destructeur au monde », tel que le qualifie la FAO, sont considérables. L’organisation onusienne précise « qu’un seul kilomètre carré d’essaim (de criquets NDLR) consomment en une journée la même quantité de nourriture que 35 000 personnes ». Au cours de son histoire, l’Algérie a subi de fréquentes invasions de sauterelles (l’autre nom plus connu des criquets). La dernière fois c’était en 1988. Leur reproduction est favorisée par les pluies. C’est pourquoi les précipitations que connaissent, cette année, nos régions du Sud, si elles sont bienvenues, n’en sont pas moins des signaux d’alertes à ne pas négliger. Le président de la République a demandé au gouvernement « l’activation rigoureuse des cellules de veille, en recourant à des méthodes proactives, notamment à travers l’exploitation des images des satellites algériens et des moyens technologiques disponibles ». Comme les drones par exemple et ne pas attendre que le ciel nous tombe sur la tête. À ce propos, le Chef de l’État est on ne peut plus clair, lorsqu’il insiste pour « renforcer les moyens de lutte contre le phénomène de prolifération des essaims de criquets qui menacent les récoltes agricoles dans l’extrême Sud ». La FAO publie, à cet effet, un « bulletin mensuel sur le criquet pèlerin (qui comprend) des prévisions à six semaines concernant chaque pays. En période de forte activité acridienne, les bulletins sont complétés par des alertes et des mises à jour». Une sorte de « bulletin météo » des mouvements d’essaims de criquets. Le dernier bulletin signale que des groupes de criquets « immatures ont augmenté au Sahara occidental occupé et au Maroc tandis que des essaims pourraient poursuivre leur déplacement vers l’Algérie ». D’ailleurs, une semaine auparavant, sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le premier ministre, Sifi Ghrieb, avait présidé « une réunion interministérielle, consacrée à l’évaluation du niveau de préparation…pour contenir la propagation du criquet dans certaines wilayas du Sudouest ». Deux précautions valent mieux qu’une !
Zouhir Mebarki









































