Dimanche, plus de 8 millions d’électeurs au Mali, sont appelés aux urnes, pour élire le président de la République, après la fin de campagne électorale des 42 candidats en lice, hier à minuit, qui s’est axée principalement sur les questions de sécurité, de développement et de la bonne gouvernance outre la polémique autour du fichier électoral qui a dominé les derniers jours de la campagne électorale, et qui se poursuit à ce jour.
Le scrutin de la présidentielle malienne, se déroulera demain, en présence de la mission des Nations unies au Mali, (Minusma), déployée dans le pays, suite à la résolution 2100 du 25 avril 2013, et se tiendra pour la seconde fois, après celui de 2013 et l’élection d’ Ibrahim Boubacar Keïta, en présence de la force militaire française, via l’opération « Barkhane». Laquelle opération militaire française, au Mali, a succédé en 2014 à Serval, déployée dans le pays en janvier 2013 pour lutter contre les groupes terroristes. Si la campagne électorale de la présidentielle malienne s’est déroulée dans un contexte sécuritaire tendu, le pays ayant été secoué par des attentats terroristes, le scrutin de demain, n’échappe pas à ce contexte, notamment à travers le manque d’engouement de retrait des cartes d’électeurs, comme l’ont indiqué les responsables de la mission des observateurs de l’Union Africaine (UA) et de l’Union européenne (UE), respectivement l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi et l’eurodéputée Cécile Kyenge. Pour la mission d’observateurs de l’UA, celle ci devra suivre tout le processus de vote outre de rencontrer divers acteurs du processus électoral, notamment les autorités institutionnelles, les coalitions des partis politiques et indépendants en compétition, les organes de gestion et de supervision des élections, ainsi que les représentants des médias et des organisations de la société civile, selon le communiqué de l’institution continentale, rendu public mercredi dernier. La présidentielle malienne concerne 24 candidats dont le chef de l’État sortant Ibrahim Boubacar Keita, et le scrutin se déroulera en deux temps, soit deux tours, pour départager les candidats en lice dont les plus en vue, Ibrahim Boubacar Keïta, Soumaïla Cissé et Cheick Modibo Diarra. Ainsi que l’homme d’affaires malien Aliou Boubacar Diallo, lequel même s’il a dévoilé, dès le 11 mars dernier ses ambitions politiques, d’aller conquérir le palais présidentiel, il arrive le dernier après les trois candidats précités, sur la liste des intentions de vote parues en début de mois courant. Les enjeux du scrutin présidentiel, pour lequel sont appelés les 8 millions d’électrices et d’électeurs, demain aux urnes, la participation et la sécurité. Le premier point a déjà fait l’objet, mercredi dernier, d’une réunion entre le premier ministre malien, Soumeylou Boubeye Maïga et des représentants des candidats, sans parvenir à régler la polémique du fichier électoral malien, lequel point devait être, encore hier, au centre d’une seconde rencontre avec le chef de l’exécutif malien et avec les candidats, et non leurs représentants respectifs, vu le caractère sensible du sujet et les conséquences pouvant en découler, outre pour assurer les conditions optimales pour dépasser cette question et réussir le rendez-vous électoral du peuple malien. Candidat à sa propre succession, lui qui a été élu triomphalement le 5 août 2013, avec 77,6 % au second tour, IBK achève son mandat en cours, à la tête de l’État malien, avec beaucoup de choses qui demeurent à faire, en matière de développement, de chômage, de manque de services de santé, notamment dans les coins reculés du Mali, IBK a mis l’accent dans ses derniers jours de campagne électorale, sur la sécurité et le terrorisme. Promettant lors de sa précédente campagne électorale de 2013, de reconquérir la souveraineté du Mali, en réponse aux attentats terroristes et l’activité des groupes terroristes dans le pays, notamment dans sa partie nord, IBK achève son mandat dans un pays où les forces françaises semblent ne pas avoir réussi à faire débarrasser ce pays des groupes terroristes, comme l’avait souligné Paris lors du lancement, le 11 janvier 2013, de son opération militaire «Serval», au Mali, devenue «Barkhane», avec la mobilisation, de 4 500 militaires français, depuis quatre ans, dans ce pays. Le président candidat, IBK, a déclaré, lors de sa campagne électorale qu’ «Il y a des poches de violence, des résidus de terrorisme, car ni “Serval” ni “Barkhane” n’ont pu bouter dehors l’ensemble des terroristes. » a affirmé le président malien, candidat à la présidentielle en cours dans son pays. Le scrutin qui sera suivi demain, par des observateurs de l’UA et de l’UE, lesquels ne réussiront pas à couvrir l’ensemble du territoire malien, un regroupement de 5 associations de la société civile malienne, (COCEM) mobilisera des observateurs partout au Mali, selon les médias locaux. Cette coalition de cinq associations de la société civile a envoyé, selon la même source, 1160 observateurs dans toutes les régions du Mali, selon Anis Samaadi du National Democratic Institute (NDI), dont le siège central pour rappel est à Washington, aux États Unis, avec des antennes actives dans toutes les régions du monde, dont une des ses actions au Mali est centrée sur la COCEM en lui assurant, notamment le financement.
Karima Bennour