Il y a encore quelques mois, l’Algérie était sur le point de perdre l’un de ses plus grands espoirs sportifs au profit d’un projet de naturalisation étrangère, en l’occurrence qatari. Ce scénario, malheureusement devenu trop fréquent, aurait pu priver le sport algérien d’un talent exceptionnel en raison du manque de réactivité et de responsabilité de certains décideurs. Aujourd’hui pourtant, Younes Ayachi est en train d’écrire l’une des plus belles pages de l’athlétisme national et de porter haut les couleurs de l’Algérie sur la scène internationale.
La question se pose alors avec acuité : combien de talents comme Younes Ayachi avons-nous déjà perdus ? Et combien d’autres risquent encore de nous échapper si ce laxisme institutionnel persiste ? L’Algérie est indéniablement un pays riche en compétences et en potentiels sportifs, mais ces talents ont besoin d’un encadrement sérieux, d’un accompagnement structuré et de responsables animés par un véritable sens de l’intérêt national.
Âgé de seulement 17 ans, Younes Ayachi a récemment frappé un grand coup lors du meeting indoor de Weinheim. Engagé dans l’épreuve du saut en hauteur, le jeune athlète algérien a remporté la première place en réalisant une performance exceptionnelle de 2,28 mètres. Ce saut lui a permis non seulement de s’imposer dans la compétition, mais surtout d’établir un nouveau record national et africain dans la catégorie des moins de 20 ans.
Cette performance revêt une dimension encore plus remarquable lorsqu’on considère l’âge du sportif et le contexte mondial de la discipline. Avec 2,28 mètres, Younes Ayachi détient actuellement la meilleure performance mondiale de sa catégorie d’âge. Plus impressionnant encore, il possède déjà la quatrième meilleure performance chez les seniors, une statistique rare pour un athlète de 17 ans seulement. En battant son propre record précédent de 2,26 mètres, il démontre une progression constante et une marge de développement considérable.
Ces résultats font de Younes Ayachi un candidat sérieux pour briller sur la scène internationale dans les années à venir. Les spécialistes s’accordent à dire que son potentiel est immense, tant sur le plan physique que mental. Sa régularité, sa capacité à performer sous pression et sa maturité sportive précoce sont autant d’indicateurs d’un avenir prometteur.
À court terme, le jeune athlète est tout proche de se qualifier pour les Championnats du monde d’athlétisme en salle. Il lui suffirait d’atteindre la barre symbolique des 2,30 mètres, seuil minimal requis pour participer à cette compétition majeure prévue en Pologne en 2026. Un objectif ambitieux, certes, mais parfaitement réalisable au vu de sa dynamique actuelle.
L’histoire de Younes Ayachi doit servir de leçon et de signal d’alarme. Elle rappelle avec force que le talent seul ne suffit pas, sans vision stratégique, sans soutien institutionnel et sans reconnaissance à temps, même les plus grands espoirs peuvent se détourner de leur pays d’origine. À l’inverse, lorsque ces talents sont accompagnés et valorisés, ils deviennent des ambassadeurs, des sources de fierté nationale et des porteurs de rêves olympiques.
Younes Ayachi incarne aujourd’hui l’espoir d’une nouvelle génération d’athlètes algériens capables de rivaliser avec l’élite mondiale. Il appartient désormais aux responsables sportifs de tirer les enseignements du passé et d’agir avec responsabilité afin que l’Algérie ne soit plus un réservoir de talents pour les autres, mais une nation qui sait préserver, développer et célébrer ses champions.
Hakim S.















































