L’événement est mondialement connu. Au péril de sa vie et de celles de ses compagnons, en exil avec lui en Syrie, l’Émir Abdelkader sauva, d’une mort certaine, plus d’un millier de chrétiens, poursuivis par les druzes, en leur offrant refuge et protection dans sa propre demeure. C’était en 1860. Le pape Pie IX, reconnaissant, lui a décerné une médaille pour son acte humanitaire hautement courageux. Le président américain, Abraham Lincoln, la Reine Victoria du Royaume-Uni ainsi que plusieurs chefs d’États européens lui envoyèrent des lettres de remerciements. C’était la première passerelle pour le dialogue inter-civilisationnel, posée par un Algérien, entre musulmans et chrétiens. C’est dans cet esprit qu’a été engagée la guerre d’Indépendance de notre pays. En effet, la déclaration du 1er Novembre 1954 stipule expressément « Le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de races et de confessions ». D’autre part et après avoir été désigné, en 1947, évêque d’Hippone (Annaba), Léon-Étienne Duval a été promu, en mars 1954, archevêque d’Alger. Dès l’année 1955 il condamne la torture et prône l’autodétermination au profit des Algériens. Très remontés contre lui les européens d’Algérie le surnomme « Mohamed Duval ». À la surprise générale, il revendique lui-même ce surnom comme une médaille. Il est le premier religieux chrétien à obtenir la nationalité algérienne après l’Indépendance. Dans les années 1970, il se distingue également en prenant la défense des droits des Palestiniens. Il est enterré en Algérie dans la basilique Notre Dame d’Afrique. Ce sont là quelques exemples qui ont émaillé la relation de l’Algérie avec l’église catholique. Ils démontrent, si besoin était, de la qualité de l’entente, de la tolérance et du respect qui ont toujours prévalu entre notre pays dont « l’Islam est Religion d’État » et le Vatican qui est le Saint-Siège de l’église catholique d’un milliard et demi de fidèles à travers le monde. C’est donc tout naturellement que le président Abdelmadjid Tebboune a, lors de sa visite en Italie en juillet dernier, rendu visite au Pape Léon XIV. Il s’est entretenu, avec lui, de « l’importance du dialogue interreligieux dans la construction de la paix et de la fraternité dans le monde ». Ayant su que le souverain pontife, ce « fils de Saint Augustin » avait souhaité se rendre en Algérie, le Président Tebboune l’a, au cours de leur rencontre, invité. Les dates de sa visite viennent d’être arrêtées du 13 au 15 avril prochains. Le Pape se rendra à Annaba après Alger. Il visitera les lieux de vie de Saint Augustin ce philosophe et théologien chrétien, évêque d’Hippone (Annaba) qui est né à Souk-Ahras en l’an 354. La presse internationale a massivement relayé le communiqué du Vatican annonçant officiellement la visite du Pape en Algérie. Avec cette particularité des médias français qui rechignent à présenter positivement l’Algérie. Ils se sont contentés du style « télégraphique », ne sachant pas sur quel pied danser. Ils attendent les « instructions » !
Zouhir Mebarki








































