Accueil Edito Rien ne « CAN » plus !

Rien ne « CAN » plus !

0

Le nom du Makhzen se confond aisément avec la malversation, la corruption et les affaires scabreuses. Le régime marocain est souvent et surtout cité dans des scandales politiques. Lorsqu’ils ses hommes et ses femmes n’y sont pas éclaboussés, ils en sont à l’origine. La corruption en politique, par exemple, est une seconde nature chez le Makhzen. Et ça, tout le monde le sait. Les grossières affaires impliquant les dignitaires du palais sont monnaie courante. Mais le « Marocgate », qui a éclaté en décembre 2022 dans le Parlement européen, en était un parfait exemple. Cette affaire a révélé comment le système politique marocain avait graissé la patte à des élus européens pour défendre son narratif au Sahara occidental et fabriquer des hérauts à sa supposée marocanité. En diplomatie aussi. On a vu comment le Makhzen achetait le silence de voix africaines face aux violations des droits de l’homme – et du droit international tout court – dans les territoires sahraouis occupés. C’est un énième secret de Polichinelle opéré, jusque-là, à l’abri des regards indiscrets. Car, ce qu’on venait de découvrir sur un autre terrain – celui du football – à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations qui se déroule actuellement au Maroc est inédit. Soit dit en passant, on connaissait aussi dans quelles conditions opaques et douteuses le Maroc de Faouzi Lekjaâ a obtenu l’organisation de la présente 35ᵉ édition de la compétition africaine. Mais de là à faire les choses à découvert au vu et au su de tout le monde et devant les caméras, le Makhzen a franchi toutes les limites de l’éthique et de la morale sportives. L’affaire du match opposant les Lions de l’Atlas à l’équipe nationale de la Tanzanie est sur toutes les lèvres. Le scandale d’arbitrage a jeté la honte sur la qualification marocaine pour les quarts. L’arbitre avait privé les Taifa Stars d’un penalty qui aurait changé le cours de la rencontre. L’officier du match n’a même pas daigné consulter la VA. C’est un flagrant parti pris pour le pays d’accueil de la compétition. Un scandale qui, de plus est, s’est déroulé devant les yeux du président de la CAF, Patrice Motsepe. L’homme – dont la proximité et la complaisance avec le président de la Fédé marocaine sont de notoriété publique – auquel échoit la responsabilité de veiller sur le respect des lois et de la réglementation régissant les matchs de foot. Cet « incident » aurait pu paraitre isolé, mais d’autres faits précédents tendent à faire croire à quelque chose qui ne tourne pas en rond. N’a-t-on pas vu un officiel marocain discuter longuement avec l’officier du match avant l’entame de la seconde partie ? Par ailleurs, plusieurs voix, parmi même des journalistes marocains, se demandaient d’où le coach des Lions de l’Atlas, Walid Regragui, a-t-il tiré ses assurances en déclarant en conférence de presse que le trophée de la CAN resterait au Maroc ? Les jeux sont-ils faits ?  

Farid Guellil

Article précédentL’AMBASSADEUR DU VENEZUELA À ALGER : « Être à nos côtés, c’est être aux côtés de la légalité »
Article suivantLA COUR SUPRÊME CONFIRME LA VICTOIRE DE CE CANDIDAT INDÉPENDANT : Mamadi Doumbouya, proclamé Président de la Guinée