Le souci des pouvoirs publics d’assurer l’approvisionnement du marché national en produits alimentaires tout en limitant la hausse des prix apparaît nettement dans les dispositions du projet de loi de finances pour 2027, adopté par le Conseil des ministres du 4 octobre dernier. Le but est de réduire la charge fiscale sur les denrées alimentaires et contribuer à leur disponibilité sur le marché. Ces dispositions tendent à maintenir jusqu’au 31 décembre 2029 plusieurs mesures fiscales concernant notamment les viandes rouges et blanches, le café, l’huile alimentaire, les légumes secs, le riz, les œufs et les volailles. On sait que le recours à l’importation pour certains produits alimentaires est devenu nécessaire pour répondre à la demande et compenser les insuffisances de l’offre locale. Dans cet esprit, L’article 174 du PLF 2027 prolonge les mécanismes de stabilisation des prix et les exonérations pour les produits cités. Pour les viandes, il est donc prévu le maintien des droits de douane réduits à 5 % pour l’importation de bétail (bovin et ovin) destiné à l’abattage ainsi que pour les viandes fraîches ou réfrigérées sous vide et les viandes blanches congelées. Quant à l’huile de table, le PLF 2027 propose la prolongation de l’exonération de TVA sur l’huile brute et les tourteaux issus de la trituration locale, avec obligation pour les opérateurs d’intégrer ou d’acquérir la matière première locale d’ici fin 2029. Les importations de café vert bénéficient des mêmes faveurs : l’exonération de la TVA et de la taxe intérieure de consommation (TIC) est prolongée jusqu’à la fin de l’année 2029 par le PLF 2027. Autres produits concernés également : les pois, les pois chiches, les haricots, les lentilles, les fèves, le riz, ainsi que les fruits et légumes frais, les œufs de consommation, le poulet de chair et la dinde produits localement ; l’huile brute et les tourteaux issus de la trituration locale des graines oléagineuses. L’article 176 proroge au 31 décembre 2029 l’échéance prévue pour les importateurs-transformateurs, de l’huile brute de soja pour soit entamer le processus de production de cette matière première, soit de l’acquérir sur le marché national. Pour l’Exécutif, « les mesures prises par les pouvoirs publics durant la période 2023–2026 pour assurer l’approvisionnement du marché national en produits alimentaires essentiels à des prix accessibles, notamment la réduction des droits de douane et l’octroi d’exonérations fiscales ont permis de stabiliser l’offre et de garantir la disponibilité de ces produits à des prix abordables pour les citoyens ».
Approvisionnement du marché et pouvoir d’achat
Il y a moins d’un mois, le gouvernement réuni sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb a examiné le dossier relatif à l’approvisionnement du marché national en produits agricoles et alimentaires de première nécessité, dans le cadre de la mise en œuvre d’un dispositif à plusieurs niveaux, fondé sur l’anticipation et la veille, dans le but de réguler le marché et protéger le pouvoir d’achat, garantir les stocks, maîtriser les flux et renforcer le contrôle sur l’ensemble du territoire national. Dans ce sens, le gouvernement a insisté sur la nécessité de continuer à soutenir les agriculteurs dans toutes les étapes de la production et de la commercialisation concernant les différentes filières agricoles, afin de renforcer les capacités de la production nationale en la matière. Cette politique doit être soutenue par davantage de contrôle et de lutte contre les spéculateurs pour éviter les hausses injustifiées des prix, qui sont des pratiques illégales. Il est indispensable également de veiller à éviter tout ce qui est de nature à perturber la chaîne d’approvisionnement, notamment dans les régions éloignées ou enclavées, qui s’accompagne d’une hausse des prix, qui est une atteinte frontale au pouvoir d’achat que les pouvoirs publics veulent protéger par la hausse des salaires et des pensions de retraite. Dernièrement, au début de ce mois, lors de son entrevue périodique avec des représentants de la presse nationale, le président Abdelmadjid Tebboune a réaffirmé l’engagement de l’État à préserver le pouvoir d’achat des citoyens.
M. R.

