Dans un entretien accordé mardi à l’AFP, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a estimé que la reprise d’un « dialogue exigeant sur le plan migratoire et sécuritaire avec l’Algérie, produit des premiers résultats qui se manifestent se confirment et qui s’amplifient ». Il a souligné dans ce cadre que la reprise de la coopération migratoire et sécuritaire était au cœur de la visite à Alger du ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez le mois dernier.
Il faut rappeler dans ce cadre que malgré une crise, amplifiée par des postures inamicales alimentées par un discours réducteur véhiculé par des voix de l’extrême-droite, l’Algérie n’avait jamais opposé un niet aux tentatives de dialogue pour discuter des sujets qui pourraient mettre en branle une dynamique d’échanges profitables aux deux pays. C’est la partie française qui s’est montrée rétive dans ce cadre et qui avait cédé aux gesticulations d’une partie de sa classe politique qui avait parasité les échanges entre les deux pays, pris en otage les attributions diplomatiques du gouvernement français et s’est substituée à la voix de la France officielle. L’Algérie a toujours montré qu’elle est prête à s’asseoir à une table pour discuter, débattre et négocier tous les sujets, aussi bien même ceux qui fâchent, dans le respect mutuel.
La partie algérienne avait rappelé au ministre de l’intérieur français, lors de sa dernière visite à Alger, au mois de février dernier les principes à respecter en matière de reconduction aux frontières pour les individus placés sous OQTF (obligation de quitter le territoire français). Elle avait rappelé que l’expulsion d’individus d’origine algérienne doit répondre à des conditions à savoir qu’elle doit émaner d’une autorité judiciaire et qu’elle doit être définitive après extinction de toutes les voies de recours. Elle doit également respecter leurs droits. Ce sont les principes qui ont été discutés lors de la dernière visite du ministre de l’intérieur français Laurent Nunez.
Dans son entretien Jean Noël Barrot a indiqué que la France avait « pu faire valoir un certain nombre d’attentes en particulier en matière de reconduites à la frontière des Algériens en situation irrégulière puisque en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme, en matière de reconduites à la frontière des ressortissants algériens en situation irrégulière, nous avons besoin d’une coopération de la part des autorités algériennes. Dans ce cadre, il est nécessaire que les autorités consulaires algériennes en France puissent délivrer les laisser-passer consulaires permettant ces reconduites à la frontière », ce qui laisse supposer que les consuls algériens ont reçu ou allaient recevoir cet agrément. Cela est bien beau puisque le ministre français des Affaires étrangères affirme que, « c’est ce à quoi le ministère de l’Intérieur a travaillé en lien avec le ministère des Affaires étrangères. L’Algérie avait demandé aux autorités françaises de délivrer ces agréments afin de reprendre les auditions consulaires ». Mais le ton utilisé dans cet entretien laisse supposer que la partie française rame à contre-sens des avancées enregistrées dans le dialogue entre les deux pays.
Le problème des reconductions aux frontières est un des sujets à l’origine de la brouille entre Alger et Paris. Pris au vol par une partie de la classe politique française qui en avait fait un sujet de prédilection pour torpiller toute volonté de bâtir des relations fondées sur le respect mutuel. Le chef de la diplomatie française, devrait laisser le dossier aux commissions conjointes installées pour le traiter et trouver un terrain de règlement profitable aux deux parties. Vouloir en faire, à nouveau un préalable à tout dialogue, c’est remettre au goût du jour, un vieux discours éculé qui a tendu les relations entre les deux pays et qui a surtout apporté de l’eau au moulin des ennemis d’un rapprochement entre l’Algérie et la France et de relations apaisées dans un respect mutuel.
Slimane B.















































