Un cessez-le-feu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est une « urgence sanitaire » face à l’épidémie de maladie Ebola qui progresse dans cette région en proie aux conflits, a estimé dimanche une représentante de l’Union européenne (UE) venue sur place.
La RDC a déclaré le 15 mai une épidémie de fièvre hémorragique provoquée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Selon le dernier bilan du gouvernement congolais publié dimanche, 488 cas ont été confirmés en RDC, dont 86 décès. Près de 500 cas d’infection par le virus Ebola ont été confirmés en Afrique centrale, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont 19 en Ouganda, pays voisin de la RDC. L’épicentre de l’épidémie en RDC se trouve dans la province orientale de l’Ituri, difficilement accessible en raison du mauvais état des routes et de l’insécurité entretenue par les groupes armés. La commissaire à la gestion des crises de l’UE, Hadja Lahbib, en visite à Bunia, capitale de l’Ituri, a appelé dimanche à un cessez-le-feu dans l’Est congolais, où une myriade de groupes armés sont actifs et où le groupe antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda, s’est emparé de vastes pans de territoire. « Un cessez-le-feu était une nécessité politique, c’est à présent une urgence sanitaire », a-t-elle déclaré face à la presse, après avoir exhorté, dans un communiqué, les belligérants à « garantir un accès sûr et sans entrave aux acteurs humanitaires ». Les conflits « qui poussent des milliers de personnes dans des camps » et entraînent « des décennies de déplacements, d’exploitation sauvage des ressources minières, de déforestation », favorisent « l’apparition de virus incontrôlés », a-t-elle assuré. La commissaire européenne a également indiqué qu’un vol humanitaire « a permis d’acheminer près de 100 tonnes de matériel », dont des médicaments, des tentes et des équipements de protection, vers l’est de la RDC. « Cinq nouveaux vols sont prévus vers Bunia », dont l’aéroport international est un hub logistique de la riposte contre Ebola, a-t-elle ajouté. Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L’OMS et l’agence sanitaire de l’Union africaine ont lancé vendredi un plan de 518 millions de dollars (446 millions d’euros) pour combattre l’épidémie au cours des six prochains mois, en mettant notamment l’accent sur le renforcement de la surveillance, des tests de laboratoire et de la prévention des infections. « La maîtrise d’une épidémie repose davantage sur des systèmes de santé solides et une réponse rapide que sur l’idée de frontières hermétiquement fermées », a estimé l’UE dans un communiqué dimanche.
R.I.













































