PROPOSITIONS D’ASSOCIATIONS CONSUMÉRISTES POUR LE RESPECT DU SERVICE PUBLIC : Astreindre les commerçants à «un cahier de charges» 

Le directeur exécutif de la Fédération algérienne des consommateurs (FAC), Mohamed Toumi, ainsi que le président de l’Association « El Aman» de protection des consommateurs, Hacène Menouar, se sont exprimés, hier, au Courrier d’Algérie, sur le problème de fermeture des commerces, même les jours, après les fêtes nationales et religieuses.

A l’unanimité, ils estiment que  les commerçants n’ont pas assuré la continuité du service public, après l’Aïd, à cause «de la loi», qui «ne concerne que les deux jours de l’Aïd». Ainsi, le responsable de la FAC, Mohamed Toumi, nous a indiqué que « la majorité des commerçants ont prolongé leur congé après l’Aïd, et que la FAC a signalé au ministère du Commerce, une semaine avant cette fête, que ce genre d’acte va se produire ». Et de poursuivre que « le ministre du Commerce nous a affirmé que son secteur sera sévère avec ces commerçants, et que les responsables vont être présentés devant la justice, en cas de non-respect du planning ».
Pour Toumi «c’est un problème de culture, du fait que le domaine du commerce est une profession libérale. Mais les commerçants doivent respecter la loi et le planning, en respectant les jours et les heures d’ouverture » a-t-il expliqué.
En réponse à notre question sur les solutions à préconiser par son association à ce problème, Toumi fait savoir qu’il a formulé, auprès du ministère du Commerce, une proposition qui prévoit un cahier de charges à soumettre aux commerçants, avant de leur accorder un registre de commerce. Une façon pour «les obliger à respecter certaines lois comme les congés annuels». Autrement, «tous les nouveaux commerçants qui veulent ouvrir un R.C doivent signer sur un cahier de charges, délivré par le Centre national du Registre de Commerce (CNRC). Cette opération se fera en collaboration avec le ministère du commerce », a-t-il détaillé sa suggestion.
De son côté, le président d’« El Aman », Hacène Menouar, estime, lui, que la solution à la permanence des commerçants après les fêtes religieuses est de faire «signer aux nouveaux commerçants, qui veulent ouvrir un registre de commerce, un cahier de charges leur indiquant les jours de congés et les horaires d’ouverture et de fermeture, en les obligeant à les respecter». Expliquant davantage sa proposition, Menouar dit que « le commerçant qui n’ouvre pas à l’heure prescrite doit être sanctionné, ainsi que tous les commerçants qui prennent un congé sans être autorisés par la direction du Commerce». Pour notre interlocuteur, la permanence des commerçants doit se faire durant toute l’année. Or, «le ministère du Commerce a indiqué que la permanence sera valable pour les deux jours de l’Aïd seulement. Donc, il y a des commerçants qui ont ouvert leurs magasins uniquement pendant les deux jours de l’Aïd pour ne pas être sanctionnés. Mais, sans prestation et sans produits, comme ce fut observé chez quelques boulangers. Certains ont ouvert rideau mais ils n’ont pas de pain à vendre. Et puis, ils ont fermé à partir du troisième jour», constate, avec regret, Menouar.
Lilia Sahed