Hakar

PRÉVISIONS D’EXPORTATION DES HYDROCARBURES : 54 milliards USD dans les caisses de l’État à fin 2022

Le P-DG du groupe Sonatrach, Toufik Hakkar, a indiqué hier matin que son entreprise prévoyait des exportations d’hydrocarbures de l’ordre de 54 milliards de dollars en fin d’année, avec une augmentation de la production de l’ordre de 4%.

Cette hausse anticipée des recettes s’explique par l’appréciation des prix du gaz et du pétrole, dans une conjoncture favorable du marché international. Le P-DG de Sonatrach a confirmé que son entreprise procède à la réévaluation du prix du gaz algérien livré à ses clients. Tous les partenaires de Sonatrach sont concernés par cette réévaluation, a-t-il également confirmé, révélant que les négociations sont à un  stade très avancé, y compris avec l’Espagne. Selon Sonatrach, il y a une augmentation des volumes d’exportation de gaz par le gazoduc vers l’Italie par rapport à l’Espagne. En allusion à ce dernier pays, Toufik Hakkar a fait savoir que jusqu’à aujourd’hui, la destination du gaz algérien exporté n’a pas été transférée vers un autre pays, sous-entendu le Maroc. Message clair aux partenaires espagnols : si cela se produit, Sonatrach a tout à fait le droit de prendre les mesures nécessaires, c’est-à-dire couper le gaz. Le P-DG de Sonatrach a annoncé l’enregistrement de plusieurs demandes de pays d’Europe de l’Est pour des expéditions de gaz depuis l’Algérie. On parle aussi de l’Allemagne qui se trouve dans une situation difficile pour son approvisionnement en gaz. Plusieurs contrats seront signés au cours de la période à venir dans le cadre de la nouvelle loi. Par ailleurs, Toufik Hakkar a réaffirmé que le projet de gazoduc transsaharien entre l’Algérie, le Niger et le Nigeria, trois pays seulement, n’est pas comparable avec un autre projet qui traverse plus de 12 pays. Le facteur coût donne évidemment la préférence au projet algérien.

Une source de financement de l’économie
En 2022, les hydrocarbures restent encore une source importante de financement de l’économie de l’Algérie. Le système de production nationale, hors-hydrocarbures, commence à prendre son essor après le ralentissement forcé imposé d’abord par la crise politique de fin du mandat présidentiel précédent et, ensuite, par les contraintes liées à la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. Cette situation est aujourd’hui dépassée, mais, pour le financement des besoins du pays, le relais n’est pas encore pris par les recettes d’exportations hors-hydrocarbures.
Selon les prévisions données par le président Tebboune, les recettes des exportations hors hydrocarbures atteindront 7 milliards de dollars en 2022. La même année, les rentrées devises du secteur hydrocarbures atteindront 54 milliards de dollars, c’est-à-dire presque 8 fois ce qui est prévu en exportations hors hydrocarbures. Une véritable politique de contrôle des dépenses d’importations est mise en œuvre à travers la guerre menée au phénomène de surfacturation et l’interdiction à la fois d’acheter à l’étranger ce qui est disponible en Algérie et d’exporter ce qui a été déjà importé. Le président Tebboune n’arrête pas d’insister sur la nécessité de rationaliser les importations sans nuire aux besoins directs des Algériens ni à ceux de l’économie nationale. La stratégie nationale mise en œuvre vise à faire sortir la richesse économique du pays de sa dépendance du marché international de l’énergie vulnérable aux soubresauts entraînés par la reconfiguration géopolitique en cours et qui va sans doute durer. Pour le moment, cette conjoncture profite en partie à l’Algérie par ses effets sur les prix du pétrole et du gaz, en hausse, à cause des sanctions prises par les pays occidentaux contre la Russie sous prétexte de son opération militaire spéciale en Ukraine. Les nouvelles découvertes annoncées par Sonatrach renforcent la position de l’Algérie sur le marché international des hydrocarbures et confortent la situation financière du pays. A condition de poursuivre dans la politique de rupture avec les pratiques passées de la ‘issaba (le gang) qui avait orienté les recettes extérieures de l’Algérie non pas vers les objectifs économiques et sociaux du pays mais vers l’enrichissement de quelques privilégiés liés au pouvoir.
M’hamed Rebah