Conférence sur la migration à Alger

Pour que la migration ne soit plus la solution attractive aux problèmes de la jeunesse africaine : Le rendez-vous africain d’Alger sur le flux migratoire trace la voie

Les travaux de la 2ème édition de la conférence internationale des Organisations africaines membres du Conseil économique et social (Ecosoc) des Nations unies, entamés lundi dernier, à Alger et consacrés à la question migratoire en Afrique, se sont achevés hier, par l’adoption d’une série de recommandations outre de la Déclaration d’Alger, documents qui seront soumis, à la rencontre de l’ONU, prévue décembre prochain, sur le flux migratoire.

Relevant la nécessité de garantir la sécurité, la stabilité et la paix en Afrique pour garantir l’essor du développement socio-économique, notamment dans les pays pourvoyeurs du flux migratoire, les 300 participants, à cette conférence, ont insisté que c’est par cette voie, que le continent africain pourra faire face à la crise migratoire, en mettant l’accent sur l’importance de la consécration de la coopération Sud-Sud. La Conférence internationale, d’Alger des Organisations africaines, co-organisée par le Parlement africain de la société civile et l’Association nationale des échanges entre jeunes (ANEJ, qui s’est déroulée, du 19 au 21 novembre courant, sous le thème «Impliquer l’Afrique pour affronter la crise migratoire», a mis en avant le rôle incontournable et central des africains, dans la recherche de solutions à leurs propres problèmes, dont l’immigration, plaidant en faveur de l’investissement dans le citoyen africain et à privilégier le partenariat intra-africain, entre différents secteurs, institutions et réseaux de la société civile d’Afrique.
Reconnaissant que les crises, les tensions, le chômage et la pauvreté ont obligé de nombreux africains à quitter leurs pays, pour tenter une vie meilleure, et que nombreux parmi eux sont morts, durant leur traversée en mer méditerranéenne, d’autres refoulés aux frontières européennes quand ils ne sont pas tassés dans des centres d’accueil, les participants se sont dits confiants en les capacités des jeunes et de leurs potentialités, malgré les multiples difficultés auxquelles est confrontée la jeunesse Africaine, en général, et celle des pays pourvoyeurs de flux migratoire en particulier. Par leur adoption d’une série de recommandations en vue de la prise en charge de la crise migratoire par les Africains, à divers niveaux et domaines, les présents, durant trois jours, au rendez-vous d’Alger sur la thématique «Impliquer l’Afrique pour affronter la crise migratoire», ont tracé les pistes à emprunter et solutions à promouvoir, pour faire face à ce phénomène, qui, faut-il le souligner, prive le continent de ses compétences. Représentant à Dakar (Sénégal) de l’association de lutte contre la migration clandestine, Aboubakry Tidiane Diallo a affirmé, lors de cette rencontre, que la «formation en entrepreneuriat des jeunes peut constituer un moyen efficace de lutter contre le fléau de la migration » lequel phénomène touche particulièrement la frange juvénile africaine. Invitant les acteurs de la société civile africaine à «se focaliser sur l’insertion des jeunes africains dans le monde du travail».
Aboubakry a affirmé que «la migration ne peut pas être considérée comme une solution attractive» aux problèmes socio-économiques des jeunes, dans certains pays africains, avant d’appeler les compétences africaines installées, notamment dans les pays occidentaux, à «s’intéresser à la jeunesse de leurs pays d’origine» notamment par leur soutien de projets porteurs de perspectives de développement durable, dans des régions d’Afrique. Soucieux de prendre leur destin en main et celui de l’Afrique, les 300 participants, venus notamment de plus de 30 pays de notre continent, ont souligné, dans le document final sanctionnant leur rencontre de trois jours sur la migration à Alger, la nécessité d’enraciner la sécurité, la stabilité et la paix en Afrique, car, ce sont là, ont-il sinsisté, les bases et les conditions fondamentales de tout développement socio-économique pour sortir, au bout du compte de la précarité, dont souffrent certains pays africains. Pour le président de l’Association nationale des échanges de jeunes (ANEJ) co-organisatrice de ce rendez-vous africain, à Alger, avec le Parlement africain, et le collectif des étudiants africains en Algérie, «Initiative agenda 2063», cette conférence «a permis de débattre sur la crise migratoire dans toutes ses dimensions» outre, a ajouté Ali Sahel, hier, d’ «élaborer plusieurs propositions devant être soumises aux instances africaines et internationales», à même de contribuer «à la prise en charge sérieuse de la question migratoire, qui ne cesse de prendre de l’ampleur ces dernières années» a-t-il précisé.
Aristide Igiranza, le président de l’«initiative agenda 2063» est intervenue, lors des travaux de cette conférence sur la question «science, technologie, entrepreneuriat innovant, financement et accompagnement des start-up en vue d’une industrialisation inclusive et durable en Afrique.»
Les recommandations, selon les organisateurs, visent à consolider et soutenir «les efforts des États africains face à la crise migratoire» outre l’adoption de la Déclaration d’Alger, portant sur les lignes directrices de l’approche africaine à promouvoir, au niveau continental et international, dans le traitement de la question migratoire, notamment en prévision de la rencontre de l’ONU, décembre prochain, sur cette thématique.
Karima Bennour